orchestration
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3. Histoire

Jusqu'au XVIIe siècle, les interprètes travaillaient l'instrumentation d'une œuvre durant sa répétition. Vers 1600, les compositeurs se mirent à noter les divers rôles attribués aux instruments. Avec l'essor de l'orchestre et la standardisation de la composition de celui-ci (1600-1750), naquirent un certain nombre de conventions d'orchestration. Les cordes étaient habituellement divisées en quatre parties : deux parties soprano jouées par les violons, une partie de basse jouée par les violoncelles et les contrebasses, l'alto étoffant l'harmonie entre sopranos et basse. Deux hautbois ou deux flûtes, ou encore un hautbois et une flûte, plus un basson, renforçaient et enrichissaient le son des cordes. La cohésion harmonique était assurée par la basse continue (la ligne de basse plus les harmonies données par un clavecin ou un orgue). Les trompettes et les timbales apparaissaient parfois. Après la seconde moitié du XVIIIe siècle, la clarinette et le cor furent ajoutés. Les trombones devinrent courants quelques décennies plus tard. Les instruments étaient souvent employés pour leurs associations symboliques (le hautbois : pastoral ; les trompettes et les timbales : royal ; le trombone : solennel ou sacré ; le cor d'harmonie : la chasse ; le triangle, les cymbales et la grosse caisse : idée d'exotisme ou turquerie).

Vers la fin du XVIIIe siècle, la basse continue ne fut plus utilisée ; les harmonies étaient souvent étoffées par les cors. La tendance allait vers une structure dans laquelle des phrases courtes étaient fragmentées et développées par les différentes sections instrumentales ; les instruments à vent apportaient une grande variété de coloration. Ludwig van Beethoven donna un rôle indépendant et important à l'alto et expérimenta l'emploi des piccolos et des trombones. Il a été parmi les premiers à exploiter les capacités du cor d'harmonie en solo.

À l'époque romantique (v. 1820-1900), les compositeurs tentèrent de concevoir leurs œuvres en termes de couleurs orchestrales, tel le son de deux ou plusieurs instruments joués dans le même ton afin d'obtenir une certaine qualité de son. Des compositeurs tels Hector Berlioz, Nikolaï Rimski-Korsakov et Richard Wagner utilisèrent les instruments à vent qui s'étaient améliorés techniquement, pour produire des sonorités à la fois puissantes et délicates. Une grande partie de la musique orchestrale de la fin du XIXe siècle, comme celle du compositeur autrichien Gustav Mahler, exigeait des orchestres avec une grande complexité d'instrumentation.

Au XXe siècle, les compositeurs français Claude Debussy et Maurice Ravel tirèrent parti de ces effets colorés sensuels et picturaux. Le compositeur d'origine russe Igor Stravinski, en rupture avec la tradition, put confier la mélodie aux cuivres ou transférer la fonction de percussion aux cordes.

De nouvelles couleurs et des techniques inédites furent créées par les compositeurs contemporains, qui utilisent tout le corps de certains instruments (par exemple, celui du violon) pour obtenir des effets comparables à ceux des instruments à percussion. Une nouvelle palette de sons produits par les instruments de musique électroniques et les synthétiseurs de sons enrichit la musique expérimentale du XXe siècle.