Pope, Alexander
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Pope, Alexander
4. Le théoricien du goût

En 1711, Pope fait paraître Essai sur la critique (An Essay on Criticism), un poème didactique proche de l'Art poétique de Boileau, dans lequel il formule sa conception du style, qu’il veut débarrasser de toute ornementation superflue. Il y définit l’esthétique classique anglaise, marquée par la concision et la clarté, en même temps qu’il y établit les critères modernes du goût. Sur le mode ludique, cette doctrine est encore professée dans la Dunciade (The Dunciad, 1728), satire à la gloire de la médiocrité et critique acerbe d’écrivains qu’il juge mauvais, pour s’écarter par trop, selon lui, des normes qu’il édicte. Plus tard, devant le succès de l’ouvrage, il développe ce dernier en quatre tomes, sous le titre la Nouvelle Dunciade (The New Dunciad, 1742), elle-même suivie d’une Dunciade révisée en 1743. Mais c’est surtout dans son Essai sur l’homme (An Essay on Man, 1734) que Pope établit une véritable anthropologie de l’homme classique. Cette série de quatre épîtres, influencée par la philosophie de Locke, expose une morale proche de celle de La Rochefoucauld, dans une vision à la fois cosmique, naturaliste et sociétale de l’humanité.

Parfaitement représentative d’une rationalisation de la pensée et de l’écriture, l’œuvre de Pope sera érigée en contre-modèle par la génération romantique.