| Format recherche | coiffure | Format lecture |
| 1. | Présentation |
coiffure, art d'arranger les cheveux et éventuellement de modifier leur ordonnance et leur aspect extérieur ; cet art implique différents types d’interventions : couper les cheveux, les friser, les tresser, les épiler, les teindre, les décolorer, les poudrer, les enduire de substances variées ou leur adjoindre de faux cheveux (sous la forme d’une perruque ou d’un postiche), ou bien des ornements plus ou moins sophistiqués selon les cultures et les civilisations.
| 2. | L’intérêt des différentes civilisations pour la chevelure |
La chevelure, qui n'a aucun équivalent pileux au sein du règne animal, contribue en tant qu'ornement du visage à définir l'identité et la singularité d'un individu, tout comme les yeux ou la voix. Mais si la couleur, l'implantation, la longueur, la finesse, l'abondance d'une chevelure — voire sa rareté ou son absence — sont autant de signes distinctifs naturels qui aident à déterminer le sexe et l’âge d'un individu, ou à révéler les traits dominants d'une nature ou d'un caractère, la coiffure a permis — et parfois permet encore — d'évaluer le rang social, le statut familial, la fonction spirituelle, la caste ou l'appartenance à un groupe, ou encore — notamment dans certains pays d'Afrique —, le statut initiatique ou l'appartenance ethnique. Par-delà cette individuation, la coiffure peut aussi répondre à d'autres finalités (parfois inconscientes), relevant par exemple de l'ordre de la séduction ou, à l'opposé, de la répression ou de la domestication du désir, finalités qu'il n'est possible d'analyser qu'au regard des codifications et des réglementations sociétales ou rituelles dans l'environnement qui est associé à cette coiffure, finalités donc variables selon les époques, les pays et les cultures.
| 1. | La symbolique mythique et religieuse du cheveu |
Dans nombre de civilisations, le cheveu est à la fois racine qui relie aux profondeurs de la mémoire et ramification qui le rattache au monde supra-humain ou divin. Ce lien (au sens religieux du verbe latin religere, « relier ») fait du cheveu le « fil de l’âme », comme cela se vérifie par exemple dans l’hindouisme où la texture de l’Univers est constituée par le tissage de la chevelure de Shiva, dans laquelle puisent également leur source les eaux sacrées du Gange. Cette chevelure participe de la création du monde : elle est racine de vie, en même temps que régénération — c’est ainsi que, lors du déluge, le partage des flots s’est effectué dans les raies des cheveux de Shiva. Encore aujourd’hui, à Sumatra, c’est la crainte de couper le fil par lequel circule l’âme (et par lequel cette dernière pourrait s’échapper) qui conduit les parents à laisser pousser les cheveux de leurs enfants.
Quand ils sont défaits, les cheveux sont, dans l’iconographie hindoue, l’apanage des divinités terribles. Déjà, dans la mythologie grecque, les Gorgones à la tête hirsute — hérissée de serpents en furie — appartenaient aux divinités monstrueuses, l’une d’entre elles, Méduse, étant devenue le symbole de « l'image déformée de soi, qui pétrifie d'horreur au lieu d'éclairer justement » (Paul Diel, le Symbolisme dans la mythologie grecque), à l’opposé de l’idéal de sagesse symbolisé par Athéna.
Dans nombre de cultures, les cheveux (comme les ongles) sont aussi réputés contenir les caractéristiques propres d’un individu, caractéristiques qu’ils conservent même après avoir été coupés. Ainsi la vénération des reliques dans l’Occident chrétien illustre bien — par-delà le pouvoir proprement magique accordé aux reliques — la certitude du fidèle que les vertus de la personne vénérée ont bien été préservées et le désir latent que ce dernier a de s’en pénétrer.
Les cheveux sont également symbole de croissance et de fertilité chez les peuples agraires. Symboliquement identifiés à l'herbe — assimilée à la chevelure de la terre —, les cheveux poussent et montent vers le ciel à l’image des plantes nourricières que fertilise la pluie.
| 2. | Pratiques culturelles relatives au cheveu |
Les cheveux sont souvent présents (associés parfois aux plumes) dans les rites propitiatoires. C’est ainsi qu’à l'occasion des fêtes des solstices, les Indiens zuni plantent de grands bâtons surmontés de cheveux et de plumes pour « faire monter les prières vers les dieux » et gagner leur faveur. Ces mêmes jours sont ceux où les femmes peuvent couper les cheveux de leurs enfants sans avoir à craindre le pouvoir des esprits maléfiques (cf. Don Talayesva, Soleil hopi).
Cheveux et coiffures occupent également une place essentielle dans les différentes ethnies d’Afrique et d’Océanie. Ils participent alors très souvent aux rites de divination ou de destruction de l'adversaire, provoquant chez ce dernier maladies, ou même entraînant la mort. L’omniprésence des cheveux dans la vie quotidienne des peuples africains ou océaniens se vérifie d’ailleurs à travers nombre d'objets portés, composés en partie de cheveux réels (bijoux, masques, chaussons d'initiés, vêtements de danseurs) ou de cheveux figurés, d'objets associés à la coiffure (plumes, peignes, épingles), d'objets fonctionnels ou rituels auxquels sont intégrés des cheveux (hauts de canne d'homme-médecine, conques, statuettes protectrices).
| 3. | Les coiffures et les modes dans l’histoire |
| 3.1. | Les styles antiques |
Dans la Mésopotamie et dans la Perse antiques, les nobles frisent, teignent et tressent leurs barbes et leurs cheveux longs, ajoutant parfois de la poudre d’or ou des ornements en or et en argent. Dans l’Égypte ancienne, hommes (qui ne portent pas de barbe) et femmes issus des classes populaires ont le crâne rasé, tout comme les prêtres égyptiens ou les fidèles d’Isis et de Sérapis, par opposition aux coiffures sophistiquées des membres de la cour des pharaons. La loi biblique interdisant aux Hébreux de se couper les cheveux ou la barbe, les Juifs orthodoxes portent (comme c’est encore le cas aujourd’hui) de longues barbes et de longs cheveux ornementés de papillotes.
Dans la Grèce de Périclès, les garçons de moins de dix-huit ans ont généralement les cheveux longs. Les hommes, mis à part les Spartiates, sont rasés de près et portent les cheveux courts et frisés. Les esclaves se reconnaissent, non à leurs vêtements, mais à leur crâne rasé. Les femmes, quant à elles, ont les cheveux longs avec une raie au milieu, tirés vers l’arrière et retenus par un nœud, le chignon étant plutôt réservé aux servantes. Les cheveux sont parfois teints, couverts de poudre colorée ou enroulés dans des rubans.
À Rome, les hommes ne portent généralement pas de barbe et ont les cheveux courts. Les Romaines adoptent sous l’Empire des coiffures élaborées, bouclées (comme cette coiffure mise à la mode par Julia, fille de l’empereur Titus, formée de boucles en nid d’abeille évoquant la forme d’un diadème) ou nattées, parfois complétées par des cheveux blonds provenant de prisonniers. Mais pour réaliser ces coiffures monumentales, les riches Romaines s’entourent des soins d’une personne spécialisée, l’ornatrix, chargée non seulement de coiffer, mais aussi de maquiller et d’épiler. Cette attention particulière portée à la coiffure permet également le développement des tonsors qui travaillent pour un riche citoyen ou disposent d’une boutique propre.
Les tribus germaniques et celtiques du Nord de l’Europe arborent des barbes et de longs cheveux, qu’ils tressent et parfois colorent. Seuls les esclaves ou les condamnés ont les cheveux coupés ras. Les Ostrogoths composent avec recherche leur chevelure en la tressant à l’arrière de la tête et sur les côtés du visage.
| 3.2. | Les coiffures traditionnelles non occidentales |
En Inde, les sikhs ne coupent pas leurs cheveux, mais les nouent en un chignon serré au sommet du crâne, sous un turban. Les femmes indiennes portent traditionnellement de longues nattes. En Chine et au Japon, les hommes rasent leurs cheveux devant et attachent ceux de derrière en queue de cheval. Les Chinoises nouent leurs cheveux au bas de la nuque et, jusqu’au xviie siècle, les Japonaises portent leurs longs cheveux détachés. Par la suite, ces dernières se sont mises à leur tour à nouer leurs cheveux au-dessus de la nuque, en les arrangeant de façon sophistiquée, en les pommadant et en les ornant de rubans et d’épingles à cheveux.
Des entrelacs de tresses et de perles ornent la chevelure des femmes de l’Afrique subsaharienne. Dans l’Afrique traditionnelle, les coiffures féminines varient selon les ethnies et contribuent à les distinguer. Chez les Indiens d’Amérique du Nord, la disposition des cheveux varie selon les tribus : crânes rasés et peints en rouge chez les Creek, crête médiane chez les Crow, tresses chez les Sioux. Dans l'Islam, le tchador cache les cheveux de la femme qui, laissés libres, passeraient pour une provocation coupable. Pareil interdit se retrouve dans la tradition chrétienne, selon laquelle une femme (avant le concile de Vatican II) ne pouvait entrer dans une église la tête découverte : « Toute femme qui prie sans avoir la tête voilée déshonore sa tête » (saint Paul, Épître aux Corinthiens).
| 3.3. | L’évolution de la mode des coiffures en Occident |
À partir du xie siècle, les nobles européens ont les cheveux tondus au niveau de la nuque, tandis que les cheveux des femmes sont longs et généralement nattés ; les femmes mariées de la noblesse, suivant les recommandations de l’Église, recouvrent ces nattes avec un voile. Les femmes à la mode des xiiie et xive siècles enroulent leurs tresses au-dessus des oreilles ou vers l’arrière au sommet de leur crâne et les recouvrent d’une coiffe en filet doré ou d’une draperie en lin, le tout surmonté d’un voile.
Au cours de la Renaissance, les cheveux des hommes sont généralement courts. Au xve siècle, dans les cours de France et des Pays-Bas espagnols, les femmes épilent leur front pour donner un effet de hauteur et coiffent le reste de leurs cheveux de grandes guimpes drapées avec des voiles. Les Italiennes de cette époque mettent en valeur leurs cheveux nattés, bouclés et enroulés avec d’élégantes bandelettes ou de coiffes ornées de pierreries. Dans l’Angleterre élisabéthaine, les femmes de la noblesse frisent et poudrent leurs cheveux de devant sur des cerceaux ou des coussinets, et posent un filet sur le reste de la chevelure.
Dès la fin du xvie siècle, les modes italienne et espagnole se succèdent à la cour de France. C’est alors que les métiers du cheveu (barbiers, coiffeuses, perruquiers) deviennent indispensables, parallèlement à l’avènement de l’art du paraître. Après la mode des coiffures « en poire » ou « en cœur », Catherine de Médicis impose un style bouffant et crêpé, originaire de Florence. Durant le règne du Roi Soleil, la Martin (célèbre coiffeuse) lance la mode de la coiffure « hurluberlu » alors que les hommes adoptent la perruque bouclée sur un crâne tondu. Pendant la Régence fleurissent les « petites têtes » : les cheveux sont coupés courts, bouclés sur le devant, rassemblés sur la nuque par un petit chignon. Sous Louis XVI, les coiffures deviennent extravagantes, prennent des proportions impressionnantes (structures de fils métalliques, volants, dentelles, rubans) jusqu'à ce que Marie-Antoinette adopte la « coiffure à l'enfant ».
Avec la Révolution française, la chevelure raccourcit et les styles de coiffures se simplifient. Pendant la Restauration, on s'inspire des modèles grecs ou romains (tête encerclée par un filet) auxquels on adjoint les favoris, avant que ceux de la Renaissance reviennent à la mode (boucles anglaises, chignons). De la fin du xixe siècle à la Grande Guerre, les coiffures féminines restent hautes, assez bouffantes, aux ondulations souples alors que les hommes restent fidèles aux cheveux courts et aux favoris.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la mode passe aux cheveux courts et souvent permanentés pour les femmes. Depuis cette époque, un nombre croissant de femmes se rend régulièrement chez le coiffeur pour se faire couper, coiffer, friser et teindre les cheveux selon la dernière mode. Chez les hommes, les coupes en brosse très courtes, adoptées pour des raisons pratiques dans les années cinquante, cèdent la place aux cheveux plus longs et aux barbes non taillées à la fin des années soixante.
| 3. | Les différents types de coiffure |
| 1. | La démarcation des coiffures courtes |
| 1.1. | Les sacrifices rituels |
La tonsure cléricale apparue au haut Moyen Âge dans le monde chrétien (chez les franciscains et les dominicains) est un signe d'humilité envers Dieu et de renoncement au monde. Comme le souligne le moine carolingien Hucbald, à propos de Charles le Chauve, « la nudité de la partie supérieure de la tête indique le fond du cœur, découvert sans voile aux yeux de Dieu, dont la Providence aperçoit les desseins et les actions les plus cachées ». On retrouve aujourd’hui la même symbolique chez les moines bouddhistes qui se rasent entièrement le crâne.
| 1.2. | Les châtiments et les expiations |
Raser les cheveux de son ennemi est une marque d’humiliation et d’avilissement à son égard. On rase ceux des femmes adultères au Moyen Âge, comme lors de l’épuration en France, en 1944, on tond en public les femmes soupçonnées de coupables accointances avec l’ennemi. De même, jusqu'au xixe siècle, les Amérindiens arrachent les cheveux — la force virile — de leurs ennemis vaincus. Lors de la Révolution culturelle en Chine, les Gardes Rouges rasent la tête des fonctionnaires réfractaires, et ce châtiment a de nouveau été infligé en 1989, lors de la répression du soulèvement de la place Tian’anmen.
| 1.3. | Un mode de contestation |
Certes, si, en période de guerre (et ce dès le xve siècle), les cheveux courts répondent à une nécessité martiale en ce qu’ils facilitent le port du casque, ils sont, sous l’Ancien Régime, une manière contestataire de se démarquer des perruques poudrées. C’est François-Joseph Talma qui introduit la coiffure à la Titus qu'adopte, à l'exemple de Murat, la nouvelle génération d'officiers de la Grande Armée ; Napoléon, le « petit tondu », est l'héritier de cette contestation.
Pendant les Années folles, au début du xxe siècle, la mode d’une coiffure courte à la « garçonne » est aussi une revendication féminine qui fait suite à la volonté libératrice des suffragettes. Aujourd’hui encore, les skin heads arborent un crâne rasé en signe de non-conformisme et de contestation.
Toutefois, même si, durant la seconde moitié du xxe siècle, les cheveux courts semblent dominer une mode qui se veut pratique, nombreux sont encore les partisans des cheveux longs, qui demeurent, dans l'inconscient collectif, le signe tangible de la force et de la beauté.
| 2. | L’idéal d’une chevelure longue et abondante |
| 2.1. | Symbole de puissance et de beauté |
Chez l'homme, une chevelure longue et opulente est traditionnellement l'expression de la force vitale, qui se régénère sans cesse et est souvent associée au pouvoir politique. Ce pouvoir de la chevelure est évoqué dans la Bible avec l’histoire de Samson (« Livre des Juges ») que Dalila transforme, en l'amputant de sa chevelure, en un être désarmé et impuissant. Dans la Grèce archaïque et dans la Rome antique, les cheveux longs sont le privilège de la noblesse et des guerriers. Ce qui explique que Jules César ait dissimulé sa calvitie (tenue pour une disgrâce) sous des couronnes de laurier. Dans le bas Moyen Âge, il convient, pour conserver noblesse et pouvoir politique, de garder les cheveux longs. Louis XIII et Louis XIV auraient développé, quant à eux, le port de la perruque, se devant d'affirmer leur puissance par une abondante chevelure.
Chez la femme, la longue chevelure est un atout de séduction et de beauté. Selon Charles Kingsley « à travers les siècles, les cheveux n'ont cessé de refléter le degré de répression ou de liberté sexuelle en toute société ». Paradoxalement pourtant, les cheveux longs ont parfois été exaltés par l'Église : dans l’iconographie chrétienne, la longue chevelure de Marie-Madeleine, de Marie l'Égyptienne, ou de sainte Agnès n’est-elle pas un vêtement naturel qui leur permet de voiler pudiquement leurs charmes, même si cette chevelure en suggère la beauté, comme magnifiée par le regard de Dieu ?
| 2.2. | L’artifice de la perruque |
Apparue dès l'Antiquité, la perruque connaît son heure de gloire aux xviie et xviiie siècles. Sans doute a-t-elle à l'origine pour vocation de cacher une calvitie ou un manque de cheveux. Mais plus vraisemblablement — et davantage que les coiffures naturelles —, la perruque est l’affirmation et la revendication — jusqu'à sa quasi-disparition au xixe siècle — d’une appartenance à une certaine catégorie sociale, même si le port d’une perruque dénote par ailleurs, dans un phénomène de mode qui en a parfois rendu ridicules les excès, une volonté d’accroître le pouvoir de séduction. La perruque peut donc être tenue pour un prolongement de la chevelure et répond à des finalités qui ne sont pas dissemblables de celles couramment attribuées aux coiffures naturelles.
| 4. | Ornements et soins capillaires |
Il existe depuis toujours de nombreuses « recettes » sur la manière d'entretenir les cheveux. Déjà, dans la Rome antique, le poète Plaute insistait sur le fait qu'il fallait, pour parer une personne de haut rang, « un attirail aussi important que pour équiper une trière ».
Les nombreux objets — coffrets de toilette, cuillères à fard, épingles, miroirs, brosses, peignes — fabriqués au cours des âges témoignent de l'extraordinaire importance accordée à la coiffure. Dans cette recherche esthétique, non dénuée parfois de démesure, il est fait usage de multiples accessoires ainsi que d'onguents, de pommades et de parfums. Le cheveu est associé aux essences les plus rares et les plus sophistiquées, mais également aux matières les plus nobles (or, ivoire, pierres précieuses) et les plus ostentatoires (plumes). Sans ordonnancement, couleurs ou odeurs, il n’est point de coiffure.
| 1. | Parures et parfums |
Ainsi, les Égyptiennes portent sur leur perruque des cônes de graisse parfumés qui, lorsqu'ils fondent, imprègnent de senteurs leurs cheveux. Les Crétoises utilisent, quant à elles, des épingles d'or, des rubans et des fleurs pour mieux agrémenter leur chevelure. Les nobles Romaines se parfument la tête des essences les plus rares venues d'Orient.
Au xvie siècle, les grands de la cour de France prennent l'habitude de s'imprégner de senteurs venues d'Italie et de se poudrer les cheveux. La coiffure « Renaissance » se caractérise par ses cheveux tressés ornementés de chaînes d’or et de colliers de perles. Dans le style révolutionnaire de 1793, la coiffure féminine à l'antique s'agrémente de boucles, de tresses et de fleurs champêtres. La coque Charles X, composée de rouleaux bouclés, parfois « d'ailes », est surmontée de fleurs ou de bijoux.
| 2. | Lotions, pommades et onguents |
La littérature antique — à commencer par les papyrus de l'ancienne Égypte — fourmille de secrets sur les soins à prodiguer aux cheveux. Il est entre autres préconisé de « faire une décoction de patte de chien, de noyaux de dattes et de sabots d'âne ou de mulet » dont il faut ensuite enduire la chevelure avant de la frictionner. Cette recette n’est pas sans évoquer certaines pratiques magico-religieuses plus tardives où l’on fait usage de « corne de chèvre, sabots de cheval et blanc d'œuf ».
À partir du xixe siècle, les recettes se multiplient. Pour exemple, durant la Restauration, on a recours à de la « pommade franque », laquelle semble avoir pour vertus d’interrompre une calvitie naissante. Balzac saura d’ailleurs s’en inspirer pour la lotion capillaire vendue par l’illustre Gaudissart. À l'aube du xxe siècle, l'abbaye de Jumièges crée « une eau merveilleuse et sans pareille qui arrête la chute des cheveux, leur rend la beauté, reconstitue la chevelure ».
La chevelure et les styles de coiffure occupent une place considérable dans la publicité depuis le xixe siècle. Si les premières revues de mode apparaissent à la fin du xviiie siècle et se multiplient au siècle suivant, il faut attendre les années vingt et le développement de la « réclame » pour que la coiffure fasse l’objet d’une réelle promotion. En atteste, depuis les années cinquante, la part significative des publicités consacrées aux coiffures, parfums et produits capillaires dans tous les médias.