coiffure
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4. Ornements et soins capillaires

Il existe depuis toujours de nombreuses « recettes » sur la manière d'entretenir les cheveux. Déjà, dans la Rome antique, le poète Plaute insistait sur le fait qu'il fallait, pour parer une personne de haut rang, « un attirail aussi important que pour équiper une trière ».

Les nombreux objets — coffrets de toilette, cuillères à fard, épingles, miroirs, brosses, peignes — fabriqués au cours des âges témoignent de l'extraordinaire importance accordée à la coiffure. Dans cette recherche esthétique, non dénuée parfois de démesure, il est fait usage de multiples accessoires ainsi que d'onguents, de pommades et de parfums. Le cheveu est associé aux essences les plus rares et les plus sophistiquées, mais également aux matières les plus nobles (or, ivoire, pierres précieuses) et les plus ostentatoires (plumes). Sans ordonnancement, couleurs ou odeurs, il n’est point de coiffure.

1. Parures et parfums

Ainsi, les Égyptiennes portent sur leur perruque des cônes de graisse parfumés qui, lorsqu'ils fondent, imprègnent de senteurs leurs cheveux. Les Crétoises utilisent, quant à elles, des épingles d'or, des rubans et des fleurs pour mieux agrémenter leur chevelure. Les nobles Romaines se parfument la tête des essences les plus rares venues d'Orient.

Au xvie siècle, les grands de la cour de France prennent l'habitude de s'imprégner de senteurs venues d'Italie et de se poudrer les cheveux. La coiffure « Renaissance » se caractérise par ses cheveux tressés ornementés de chaînes d’or et de colliers de perles. Dans le style révolutionnaire de 1793, la coiffure féminine à l'antique s'agrémente de boucles, de tresses et de fleurs champêtres. La coque Charles X, composée de rouleaux bouclés, parfois « d'ailes », est surmontée de fleurs ou de bijoux.

2. Lotions, pommades et onguents

La littérature antique — à commencer par les papyrus de l'ancienne Égypte — fourmille de secrets sur les soins à prodiguer aux cheveux. Il est entre autres préconisé de « faire une décoction de patte de chien, de noyaux de dattes et de sabots d'âne ou de mulet » dont il faut ensuite enduire la chevelure avant de la frictionner. Cette recette n’est pas sans évoquer certaines pratiques magico-religieuses plus tardives où l’on fait usage de « corne de chèvre, sabots de cheval et blanc d'œuf ».

À partir du xixe siècle, les recettes se multiplient. Pour exemple, durant la Restauration, on a recours à de la « pommade franque », laquelle semble avoir pour vertus d’interrompre une calvitie naissante. Balzac saura d’ailleurs s’en inspirer pour la lotion capillaire vendue par l’illustre Gaudissart. À l'aube du xxe siècle, l'abbaye de Jumièges crée « une eau merveilleuse et sans pareille qui arrête la chute des cheveux, leur rend la beauté, reconstitue la chevelure ».

La chevelure et les styles de coiffure occupent une place considérable dans la publicité depuis le xixe siècle. Si les premières revues de mode apparaissent à la fin du xviiie siècle et se multiplient au siècle suivant, il faut attendre les années vingt et le développement de la « réclame » pour que la coiffure fasse l’objet d’une réelle promotion. En atteste, depuis les années cinquante, la part significative des publicités consacrées aux coiffures, parfums et produits capillaires dans tous les médias.