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| 3. | L’instrument de la « dictature jacobine » de Robespierre |
La menace extérieure se faisant plus pressante avec la coalition des monarchies européennes et l'extension de la contre-révolution, le nouveau comité s'affirme progressivement comme le véritable gouvernement. Par la loi du 14 frimaire an II (4 décembre 1793), la Convention lui confère formellement le pouvoir exécutif.
Chaque membre prend en charge un secteur spécifique : Billaud-Varenne et Collot d’Herbois, la politique intérieure ; Barère de Vieuzac, la diplomatie ; Carnot et Prieur de la Côte d'Or, la guerre et les fabrications ; Lindet, les subsistances ; Bon Saint-André et Prieur de la Marne, la marine. En matière de politique générale, le Comité de salut public est en fait dominé par un triumvirat formé par Saint-Just, Couthon et surtout Robespierre.
Pour défendre la France et réprimer les révoltes à l'intérieur, le Comité de salut public « robespierriste » établit une véritable dictature. Sur le principe de la conscription universelle, le comité décide une levée en masse pour constituer quatorze nouvelles armées (16 août 1793) ; il organise le ravitaillement ; il instaure un système de prix maxima et de salaires fixes (21 février 1794). Enfin, afin de réprimer toute opposition intérieure, la Terreur est décrétée dès septembre 1793 puis généralisée par la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794). C’est ce régime terroriste qui œuvre à l’élimination des suspects de contre-révolution (exécution de la reine Marie-Antoinette et du prince Philippe Égalité), mais également de tous les rivaux politiques du comité « robespierriste » (les modérés Girondins, les radicaux « hébertistes » et « enragés », et les « indulgents » de Georges Danton lui-même).
Affaibli par un conflit avec le Comité de sûreté générale (entre avril et mai 1794) et par des divisions internes entre partisans de la Terreur et ceux favorables à son abandon, le triumvirat est renversé le 27 juillet 1794 (9 thermidor an II) par une coalition de ses ennemis à la Convention nationale.