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L’enfance humiliée |
Né à Portsmouth, Charles John Huffam Dickens passe la majeure partie de son enfance à Londres et dans le Kent. Il fréquente l’école à partir de l’âge de neuf ans mais, lorsque son père est emprisonné pour dettes, il doit brusquement interrompre sa scolarité (1824). Sa mère, qui doit assurer la survie de sa famille, se voit en effet contrainte de placer son fils, alors âgé de douze ans, comme ouvrier dans une usine de cirage. Cet épisode de misère, qui n’a duré que trois mois, a laissé à Dickens un sentiment d’humiliation et d’abandon qui ne l’a jamais quitté et qui a conditionné sa réflexion sociale et son œuvre entière. Il est d’ailleurs toujours passé par le mensonge romanesque pour relater cet événement de son enfance, sans doute trop pénible pour être dit sans masque : ce sera David Copperfield (1849-1850). Même si, après cet épisode, Dickens a pu reprendre ses études, il reste essentiellement un autodidacte. Ses lectures préférées sont les Mille et Une Nuits et les œuvres de certains auteurs du XVIIIe siècle (tels qu’Henry Fielding ou Tobias Smollett), dont l’influence est d’ailleurs perceptible dans son travail. En 1827, Dickens devient greffier, puis journaliste au Parlement. C’est sans doute pendant cette période qu’il commence à exercer sa plume et qu’il rencontre Maria Beadnell, dont il tombe amoureux, mais qui est issue d’un milieu trop élevé pour que l’union soit possible.
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