Paul III Farnèse
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Paul III Farnèse
4. L’œuvre ecclésiastique et le mécénat artistique de Paul III

Partisan ardent de la Réforme catholique (ou Contre-Réforme), Paul III ne réussit cependant pas à obtenir de véritable appui des monarques européens. Pour appuyer son opération réformatrice, le pape promeut en 1536 au Sacré Collège quelques éminents humanistes favorables à la réforme, dont le cardinal Jean du Bellay, l’écrivain Jacques Sadolet (rappelé spécialement de Carpentras), le sénateur vénitien Gasparro Contarini, le Napolitain Gian Pietro Carafa (le cofondateur de l’ordre des Théatins et futur pape Paul IV), l’Anglais Reginald Pole, Otto von Truchsess et Marcello Cervini. Il fait ensuite procéder en 1537 à un bilan de l’Église (Concilium de emendanda Ecclesia, Projet de réforme de l’Église) par une commission épiscopale. Dans le même temps, il fait approuver par la Curie romaine la création de nouvelles congrégations et ordres religieux, dont celui des Barnabites (1535) et celui de la Compagnie de Jésus (à laquelle la bulle Regimini militantis Ecclesiae du 22 septembre 1540 donne vie canonique) qui peut constituer à ses yeux un des fers de lance de la Contre-Réforme. En 1542, afin de veiller à l’orthodoxie doctrinale face à la montée du luthéranisme en Italie (attestent à l’époque de cette poussée schismatique les prédications très « luthériennes » du moine augustin piémontais Agostino Mainardi qui attirent le Tout-Rome à l’église des Augustins), le pape rétablit l'Inquisition. Suivant les conseils du cardinal Carafa, il institue la congrégation de l'Inquisition, nommée également Sacrée Congrégation du Saint-Office ou Congrégation de la Suprême et Universelle Inquisition. Puis, en décembre 1545 commencent les travaux du concile de Trente, convoqué par le pape dès 1536 et dont la tâche prioritaire est de mettre fin au schisme.

Mais Paul III est aussi un mécène et un protecteur des arts. Il confie à Sangallo le Jeune, puis à Michel-Ange, la responsabilité des travaux de la basilique Saint-Pierre (et notamment de la coupole) et du palais Farnèse. C’est également sous la papauté de Paul III que sont exécutées par Michel-Ange la fresque du Jugement dernier dans la chapelle Sixtine, ainsi que la chapelle paoline, et enfin l’aménagement de la place du Capitole (demandé par Paul III à l’occasion de la venue officielle de Charles Quint à Rome en 1536, mais qui ne prendra fin que le siècle suivant, en 1654).