Sartre, Jean-Paul
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Sartre, Jean-Paul
4. Littérature

Bien qu’il apparût souvent comme un virtuose de l’expression littéraire, Sartre, qui refusa le prix Nobel de littérature en 1964, ne s’est voulu un écrivain que dans la mesure où il souhaitait mettre ses thèses philosophiques en lumière. On comprend dans ces conditions qu’il ait été attiré autant par le théâtre — Huis clos (1944), la P...[putain] respectueuse (1946), les Mains sales (1948), le Diable et le Bon Dieu (1951) et les Séquestrés d’Altona (1959) —, que par le roman — la Nausée (1938) et le cycle romanesque les Chemins de la liberté, demeuré inachevé, comprenant l’Âge de raison (1945), le Sursis (1945) et la Mort dans l’âme (1949) qui raconte, dans un style inspiré notamment par l’écrivain américain John dos Passos, l’itinéraire d’un homme durant la Seconde Guerre mondiale —, genre qui lui permettait de mettre en scène aussi bien le raisonnement que l’émotion. Sans être à proprement parler un théoricien de la littérature, il mena, parallèlement à sa carrière de philosophe et d’écrivain, une activité de critique littéraire qui le conduisit notamment à publier un essai où il proposa une définition de la littérature en termes de morale existentialiste (Qu’est-ce que la littérature, 1947), un livre sur l’écrivain français Jean Genet, Saint Genet, comédien et martyr (1952), ainsi qu’une étude sur Flaubert (l’Idiot de la famille, 1971-1972), véritable « psychanalyse existentielle » dont le projet avait été annoncé dans l’Être et le Néant. Or, à travers la volonté de créer « une anthropologie nouvelle qui rende compte de l’homme — d’un homme — dans sa totalité », en l’occurence des fantasmes et de la névrose de Flaubert, Sartre se projette lui-même en tant qu’écrivain, cessant, pour la première fois peut-être, d’être en prise directe avec les grands débats d’idées contemporains.