Faulkner, William
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
Faulkner, William
3. De la mise en fiction de la réalité à la recréation d’un monde
1. Yoknapatawpha : du micro- au macrocosme

« J’ai découvert que mon propre petit timbre-poste de terre natale valait la peine de l’écriture, que je ne vivrais jamais assez longtemps pour l’épuiser […] ; c’est ainsi que je me suis créé un univers bien à moi. » Cet espace microcosmique, c’est le comté de Yoknapatawpha, lieu mythique dont l’arpentage s’étend sur quinze des dix-neuf romans publiés du vivant de Faulkner. Ce comté correspond sans nul doute à celui de Lafayette. L’œuvre littéraire ne se limite cependant pas à une simple transposition, à la seule mise en fiction de la réalité : quelle que soit, au final, l’importance du lieu, de son ancrage précis (et on ne saurait la minimiser, dans la mesure où c’est dans la géographie, dans la terre ancestrale, plutôt que dans l’histoire de la défaite, que peut se forger et surtout s’assumer l’identité sudiste), le romancier (re)crée tout un monde, à partir de là, macrocosme universel et intemporel.

2. Le retour des personnages

Faulkner dessine une carte de Yoknapatawpha dans Absalon ! Absalon ! (Absalom! Absalom!, 1936) et précise à cette occasion la composition de la population vivant dans le comté. D’un roman à l’autre, on retrouve les mêmes protagonistes, parmi lesquels se détachent quelques membres des familles Sartoris, Compson, Sutpen et Snopes. Cette population mêle des personnages de toutes provenances, leurs origines étant explicitées dans le cas des Blancs et des Indiens, non dans celui des Noirs.