Claudel, Paul
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Claudel, Paul
3. Voyages diplomatiques

Après qu’il fut reçu au concours des Affaires étrangères (1893), Paul Claudel passa une grande partie de sa vie comme diplomate à l’étranger : nommé vice-consul à New York puis à Boston en 1893, il rencontra l’Orient lorsqu’il fut nommé consul à Shanghai en 1895, puis vice-consul à Fuzhou. Il séjourna en Chine jusqu’en 1909, avant de poursuivre sa carrière en Europe, en Amérique et au Japon.

L’Échange, écrit lors de son séjour en Amérique, donne une représentation à la fois symbolique et concrète de l’Amérique du XIXe siècle. En 1900, dans une lettre à Schwob, l’auteur en définissait ainsi le sujet : « L’esclavage où je me trouvais en Amérique m’était très pénible, et je me suis peint sous les traits d’un jeune gaillard qui vend sa femme pour recouvrer sa liberté. »

Pendant les quatre premières années de son séjour en Asie, Claudel écrivit un nouveau drame, un drame théologique, le Repos du septième jour (1901), ainsi que la première partie d’une œuvre en prose, Connaissance de l’Est (1900), qui se présente comme une méditation du poète sur la vocation sacerdotale et monastique à laquelle il aspirait.

Rentré en France au début de l’année 1900 après un périple en Terre sainte, Claudel fit une retraite à Solesmes puis se rendit au monastère bénédictin de Ligugé qu’il dut quitter sur le conseil de ses supérieurs, incertains de sa vocation. Sur le bateau qui le ramenait en Chine, il avait rencontré une jeune femme mariée, Rosalie Vetch, avec laquelle il vécut une liaison longue et tourmentée. Cette jeune femme lui inspira le personnage d'Ysé dans Partage de midi (1906), transposition littéraire du drame vécu par Claudel au cours de cette relation et après la rupture, survenue en 1904.

Finalement marié avec Reine Sainte-Marie-Perrin, il fut nommé à Pékin en 1906 et y écrivit ses Cinq Grandes Odes (1910), poèmes marqués par la liturgie et fourmillant de traductions littérales de textes latins. Avec le Processionnal pour saluer le siècle nouveau (1911) se confirma sa volonté délibérée de faire de l’acte poétique une prière à part entière.