| Claudel, Paul | Format lecture | ||||
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| 4. | Retour en Europe |
À partir de 1908, Claudel se consacra de nouveau au théâtre pour donner une trilogie dite « des Coûfontaine » sur la société du XIXe siècle : l’Otage (1911), le Pain dur (1918) et le Père humilié (1920). « Je voudrais composer un cycle de drames ne produisant pas seulement des personnages, mais l’ensemble des moyens étranges, multiples et convergents par lesquels ces personnages eux-mêmes sont produits pour les fins prévues de Dieu. » En 1909, il fut nommé à Prague. C’est dans le même temps qu’il écrivit la troisième version de la Jeune Fille Violaine, sous le titre l’Annonce faite à Marie. Montée en 1912 dans une mise en scène de Lugné-Poe, cette pièce fut la première de Claudel à être jouée.
Claudel traversa alors une période pénible qui le marqua fortement : son père mourut sans s’être laissé conduire à la foi et sa sœur Camille, que son amour pour Rodin avait mené progressivement à la marginalité et à l’isolement, fut internée sur ordre de la famille. Nommé à Francfort en 1911, Claudel y acheva la Cantate à trois voix (1913), travailla à un livre sur l’Extrême-Orient, Sous le signe du dragon, publié en 1948, et à des études théologiques. Dans le même temps, il écrivit Protée, un drame qu’il décrivait comme une « énorme bouffonnerie » et dont une version remaniée fut publiée en 1927.