| Mallarmé, Stéphane | Format lecture | ||||
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| 3. | Œuvre |
| 1. | Premiers poèmes d’un disciple de Baudelaire |
Influencé par Théophile Gautier mais plus encore par Charles Baudelaire et par Edgar Poe, Mallarmé commença très jeune à écrire des poèmes dans l’ombre des parnassiens. Ceux qu’il envoya en 1866 au Parnasse contemporain furent tous acceptés ; parmi eux, « l’Azur » (« Je suis hanté. L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! ») ou « Brise marine » sont devenus célèbres. Ces premiers poèmes, écrits entre 1862 et 1864, reprennent l’écriture et les motifs baudelairiens pour exprimer la douleur d’un idéal inaccessible. En 1866, l’œuvre connut un tournant (« je suis mort et ressuscité »).
| 2. | La littérature comme « tâche spirituelle » |
Mallarmé collabora encore à diverses revues, publiant une traduction de Poe, « le Corbeau », dans la Renaissance artistique et littéraire (1874) et donnant divers essais, comme « le Démon de l’analogie », paru dans la Revue du monde nouveau (1874).
C’est à partir de 1870 que sa poésie devint plus personnelle et plus hermétique ; les audaces lexicales et syntaxiques signent alors la « disparition élocutoire du poète, qui cède l’initiative aux mots » : citons « Le vierge et le vivace et le bel aujourd’hui... », « Une dentelle s’abolit... », et le sonnet en yx (« Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx... »).
Mallarmé composa alors un de ses chefs-d’œuvre, Hérodiade, pièce poétique sur la difficulté d’être et sur l’absence se présentant comme un fragment de drame en vers. Mallarmé déclarait que son but était d’y « peindre, non la chose, mais l’effet qu’elle produit ». La pièce fut publiée à l’état fragmentaire dans le deuxième Parnasse en 1871, mais ne fut jamais achevée.
Son poème l’Après-midi d’un faune ayant été refusé par Lemerre en 1874, Mallarmé se consacra à des travaux littéraires plus « aisés », comme la rédaction d’une préface au conte Vathek de William Beckford (1876) ; il écrivit aussi, parmi d’autres « tombeaux et hommages », le Tombeau d’Edgar Poe (1877), un livre scolaire (les Mots anglais) et l’adaptation française d’un essai de mythologie de G. W. Cox, les Dieux antiques (1880). Ces deux derniers ouvrages gardent des traces des réflexions de Mallarmé sur le langage. L’Après-midi d’un faune fut finalement publié en 1876. En 1877, Mallarmé mit au point un recueil de ses poèmes, les Poésies de Stéphane Mallarmé (1887), puis son Album de vers et de prose (1887). L’année suivante, il fit paraître ses traductions des poèmes de Poe.
| 3. | Le Maître de la rue de Rome |
Peu à peu, son œuvre poétique avait été reconnue, notamment grâce à Paul Verlaine et ses Poètes maudits (1883) et grâce à Joris-Karl Huysmans (avec À rebours, 1884), à qui en retour le poète rendit hommage avec Prose pour Des Esseintes en 1885. Mallarmé commença alors à être connu dans un milieu restreint et ses « mardis », au 89 de la rue de Rome, attirèrent bientôt, aux côtés des vieux symbolistes, une cour de jeunes écrivains : Gustave Kahn, Saint-Pol Roux, Henri de Régnier, Paul Claudel, Paul Valéry, André Gide et Pierre Louÿs.
| 4. | Le « Livre » comme œuvre d’art totale |
À sa retraite en 1893, Mallarmé s’installa dans sa maison de campagne à Valvins, près de la Seine, pour composer son Grand œuvre, le « Livre », mais il fut emporté prématurément, le 9 septembre 1898, alors qu’un poème qui condensait une grande partie de ses aspirations poétiques venait de paraître dans la revue Cosmopolis, « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » (1897).
Ce poème se présente comme une vaste phrase dont la typographie complexe forme une constellation noire sur les pages blanches. Le Grand œuvre inachevé de Mallarmé resta donc simplement une « étude en vue de mieux » : « Il n’y a pas d’héritage littéraire [...] croyez que ce devait être très beau. »
Les articles réunis en 1897 (Crise de vers, la Musique et les Lettres, etc.) sous le titre de Divagations donnent une idée de la méditation de Mallarmé sur la crise de la littérature et la nécessité de lui restituer sa valeur sacrée.
| 5. | Publications posthumes |
Une grande partie des textes de Mallarmé fut publiée après sa mort : une édition augmentée des Poésies de Stéphane Mallarmé parut en 1899, ses Vers de circonstance en 1920 et Igitur ou la Folie d’Elbehnon (conte fantastique et philosophique écrit entre 1867 et 1870) en 1925. Son abondante correspondance a également fait l’objet d’une édition entre 1959 et 1985. On a en outre réédité la Dernière Mode, un magazine féminin que le poète écrivit et publia.