Jarry, Alfred
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Jarry, Alfred
4. Le legs d’Alfred Jarry

Ce personnage provocant et absurde — qui a donné à la langue commune l'adjectif « ubuesque » — n'est cependant pas la seule contribution d’Alfred Jarry à la littérature du XXe siècle. Il publie d’abord quantité d'œuvres en vers ou en prose, comme les Minutes de sable mémorial (1894), Messaline, roman de la Rome impériale (1901) ou le Surmâle (1902). Il formule ensuite, dans De l'inutilité du théâtre au théâtre, les principes de son esthétique dramaturgique, fondée sur le refus du naturalisme comme du symbolisme, et préconisant, contre l'illusion théâtrale soignée et peaufinée, le retour au geste élémentaire, dans un décor visiblement artificiel, éventuellement abstrait. Antonin Artaud, Eugène Ionesco, Boris Vian ou Roland Dubillard ne manqueront pas de s'inspirer de ces propositions. Enfin, dans Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, roman néoscientifique (1911), il donne corps à la pataphysique ou science potachique des « solutions imaginaires » aux problèmes soulevés par la réalité. Les surréalistes, et notamment André Breton, rendront hommage à cette invention, et le Collège de pataphysique, créé en 1946, entré en grande pompe, à l'occasion de l'an 2000, en phase de « désoccultation » de ses travaux, s'efforce d'en assurer la pérennité souriante.