| Succession d'Espagne, guerre de | Format lecture | ||||
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| 2. | Opérations militaires |
Les combats se déroulèrent sur terre et sur mer. Les principaux théâtres d'opérations terrestres furent l'Italie, les Pays-Bas espagnols, les États allemands et l'Espagne ; les opérations navales, qui jouèrent un rôle secondaire, se déroulèrent en Méditerranée.
L'invasion des Pays-Bas espagnols par Louis XIV, le 6 février 1701, marqua le début de la guerre. L'Angleterre, les Provinces-Unies et l'empereur, qui avaient formé la Grande Alliance par le traité de La Haye (7 septembre 1701), déclarèrent la guerre à la France le 15 mai 1702. Tous les États allemands se joignirent à eux, à l'exception de la dynastie des Wittelsbach (Bavière et électorat de Cologne) qui choisirent le camp de Louis XIV. D'abord aux côtés de la France, la Savoie (novembre 1703), puis le Portugal (décembre 1703) rejoignirent la Grande Alliance. Le gouvernement espagnol, en proie au chaos, n'allait pas être d'un grand secours à la France.
Les troupes de Louis XIV étaient commandées par des chefs de guerre de très grande valeur, comme les ducs de Villars et de Vendôme. Mais ils avaient en face d'eux l'un des meilleurs généraux que l'Angleterre ait connu, John Churchill, 1er duc de Marlborough, et surtout le plus grand génie militaire de l'époque, le Prince Eugène, feld-maréchal autrichien.
Louis XIV tenta d'attaquer Vienne par l'Italie et la vallée du Danube, mais échoua malgré la victoire du maréchal Villars à Höchstädt, en Bavière, le 20 septembre 1703. L'armée franco-bavaroise fut défaite un an plus tard au même endroit (voir Höchstädt, bataille de) par le duc de Marlborough et le Prince Eugène. Les Français furent contraints de se retirer des États allemands et subirent une série de défaites qui épuisèrent leurs forces.
En 1704 les Anglais s'emparèrent de Gibraltar à l'issue d'une opération navale et terrestre. Après la défaite de Villeroi face à Marlborough, à Ramillies, le 23 mai 1706, les Français durent se retirer des Pays-Bas espagnols. Les citadelles du nord tombèrent les unes après les autres (Lille en 1708). En 1706 également, La Feuillade fut battu par les Anglais à Turin (8 septembre) et dû quitter l'Italie.
L'archiduc Charles débarqua en Espagne et s'installa à Barcelone avec le soutien d'une partie de la population, puis fut proclamé roi à Madrid en 1706 et reconnu par les alliés.
L'armée anglo-allemande — commandée par le Français Ruvigni — fut mise en déroute par une armée franco-espagnole commandée par un Anglais, le duc de Berwick, lors de la bataille d'Almansa (25 avril 1707). Philippe V reprit le contrôle du pays.
La victoire du duc de Marlborough et du Prince Eugène à Audenarde, le 11 juillet 1708, leur permit d'envahir le nord de la France et poussa Louis XIV à demander la paix. Les négociations furent interrompues par le refus français de déclarer la guerre à Philippe V d'Espagne, une exigence de la Grande Alliance qui était vécue comme une humiliation par Louis XIV. Les Français furent battus par Marlborough et le Prince Eugène à Malplaquet, le 11 septembre 1709, mais Villars avait infligé de lourdes pertes aux alliés et il put se retirer en bon ordre. D'autres défaites des Français conduisirent à une reprise des négociations de paix, en 1710, qui échouèrent pour la même raison.
Mais la victoire changea de camp et Vendôme défit les troupes alliées à Villaviciosa (Espagne) le 10 décembre 1710, puis Villars, par une habile manœuvre, coupa la route de Paris au Prince Eugène à Denain, le 24 juillet 1712.