Succession d'Espagne, guerre de
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Succession d'Espagne, guerre de
3. Règlement des conflits

La mort sans héritier direct de l'empereur Joseph Ier, en 1711, et l'accession au trône impérial de son frère Charles VI, qui était également prétendant au trône d'Espagne, modifia l'équilibre politique européen au profit de Louis XIV. Les Anglais, craignant qu'une victoire sur la France ne permette une hégémonie de la maison d'Autriche dans la politique européenne, se retira de la Grande Alliance. Les anciens alliés menèrent des négociations de paix séparées avec les Français, débouchant sur plusieurs pactes connus sous le nom collectif de paix d'Utrecht, en 1713. L'Angleterre s'assura la maîtrise des mers et obtint de nombreux avantages outre-mer (Terre-Neuve, Acadie, Baie d'Hudson), ainsi que Gibraltar et Minorque.

Les accords reconnaissant le petit-fils de Louis XIV comme roi d'Espagne signifiaient concrètement le rejet des prétentions de Charles VI. Il continua la guerre mais fut défait à plusieurs reprises par les Français, avec lesquels il décida finalement de signer les traités de Rastadt et Baden, le 6 mars et le 7 septembre 1714. L'Autriche faisait la paix avec la France, mais non avec l'Espagne, et recevait les Pays-Bas espagnols ainsi que plusieurs principautés italiennes (Milanais, Naples et la Sardaigne).

La guerre de Succession d'Espagne assombrit la fin du règne de Louis XIV. Coûteuse en hommes et surtout en argent, elle greva lourdement les finances du Roi-Soleil au moment où la France était ravagée par la guerre des Camisards (1702-1705) et subissait la dernière grande famine (1709) de son histoire. Elle suscita de nombreuses critiques dans l'opinion éclairée et renforça au sein de l'élite un courant d'opposition à l'absolutisme.