Gorki, Maxime
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Gorki, Maxime
3. L’artiste au service de la révolution

La période qui suit est marquée par une évolution importante du style et de l’inspiration littéraire de Gorki. Dans une veine plus réaliste, il s’attache à décrire les conditions sociales de son pays, s’intéressant de près aux classes défavorisées. Dans la nouvelle Vingt-Six Gars et une fille (1899), il relate la lutte contre l’exploitation conduite par les ouvriers d’une boulangerie. Son œuvre romanesque se fait ainsi de plus en plus explicitement le reflet de ses sympathies socialistes et révolutionnaires, comme il ressort dans Foma Gordeïev (1899), dans le Trio (1900-1901) et surtout dans la Mère (1907-1908), son roman le plus célèbre.

Pilier de son œuvre romanesque, l’engagement socialiste et marxiste de Gorki se prolonge dans son théâtre — qui met en scène les déclassés, les vagabonds et les laissés-pour-compte de la société russe (les Petits Bourgeois, 1902 et les Bas-Fonds, 1902) — grâce auquel s’accroît encore sa notoriété.

En 1905, Gorki est arrêté pour activités révolutionnaires. En prison, il compose les Ennemis (1906), dont la thématique centrale porte sur la lutte des classes. Libéré un an plus tard, il voyage aux États-Unis et en Italie, où il collecte des fonds pour le Parti ouvrier social-démocrate. C’est à Capri qu’il écrit Enfance (1913), récit de souvenirs, évocation de son enfance vagabonde. De cette période date aussi Souvenirs (1920), recueil critique consacré à Tolstoï, Tchekhov et Andreïev.