Hugo, Victor
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Hugo, Victor
4. L’écrivain consacré

Au fil du temps, le succès public ne se dément pas, malgré quelques démêlés avec la censure (l’interdiction de Marion Delorme par exemple, en 1829). En 1833, Hugo rencontre Juliette Drouet, qui le suivra en exil et restera sa maîtresse dévouée pendant cinquante ans. Poète consacré, officialisé par son élection à l’Académie française en 1841, puis par son accession à la pairie en 1845, Victor Hugo est doublement affecté, au cours de l’année 1843, par l’échec de son drame les Burgraves, qui marquent le premier signe de la décadence du théâtre romantique, et surtout par la mort tragique de sa fille Léopoldine, noyée dans la Seine avec son mari. Le poète qui composera en souvenir de son enfant les poèmes qui prendront place dans le quatrième livre des Contemplations (1856), « Pauca Meae », cesse alors de publier pour se consacrer à son activité politique.

Mais les événements historiques lui réservent d’autres tourments encore : la Révolution de 1848 fait évoluer Victor Hugo vers des positions de plus en plus progressistes, et le journal qu’il a fondé à cette époque, l’Événement, salue d’abord avec enthousiasme l’avènement de Charles Louis Napoléon Bonaparte. Mais le coup d’État du 2 décembre 1851 fait brusquement prendre conscience à Hugo des ambitions de Bonaparte, et le précipite bientôt sur la route de l’exil : « Je resterai proscrit, voulant rester debout. » D’abord à Jersey, puis à Guernesey, dans sa maison de Hauteville House, il continue, pendant ses dix-neuf ans d’exil, de vilipender Napoléon III tout en se consacrant à la littérature.