| Hugo, Victor | Format lecture | ||||
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| 6. | Un patriarche des lettres |
L’écroulement du second Empire lors de la guerre contre la Prusse en 1870 permet à Victor Hugo de revenir en France. Son retour est triomphal et, en février, il est élu député à la Constituante avec 214 169 voix. Il a de vastes projets politiques : abolition de la peine de mort, réforme de la magistrature, défense des droits de la femme, instruction obligatoire et gratuite, création des États-Unis d’Europe. Mais, au bout d’un mois, incapable de faire entendre sa voix devant une assemblée conservatrice, il démissionne. Avec l’Année terrible (1872), sa poésie s’assombrit pour témoigner de la guerre et des événements tragiques de la Commune.
Hugo est alors devenu pour les Français une sorte de patriarche national des lettres. Lorsqu’il s’éteint, le 22 mai 1885, un cortège de plusieurs centaines de milliers de personnes suit, depuis l’Étoile jusqu’au Panthéon, le « corbillard des pauvres » qu’il a réclamé. « Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les Églises. Je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu. » : ce furent là ses dernières volontés.
Victor Hugo est peut-être, de tous les écrivains français, le plus remarquable par la longévité de son inspiration et par sa parfaite maîtrise technique. Aussi a-t-il abordé tous les thèmes, utilisé tous les registres et tous les genres, allant de la fresque épique au poème intimiste. Son influence est encore aujourd’hui considérable. Certains de ses textes d’observation comme Choses vues ou de ses textes critiques comme Littérature et philosophie mêlées (1834) ou William Shakespeare (1864) témoignent, s’il était besoin, de la cohérence esthétique et de la plénitude de son œuvre.