| Corneille, Pierre | Format lecture | ||||
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| 2. | Vie de Corneille |
| 1. | Débuts littéraires |
Corneille est né à Rouen le 6 juin 1606, dans une famille de magistrats. Il fit ses études chez les jésuites, au collège de la ville, et se destina d'abord à une carrière d'avocat, projet qu'il abandonna très vite pour se consacrer au théâtre. Mélite (1629), sa première création, fut confiée aux acteurs qui fonderont plus tard le théâtre du Marais et rencontra à Paris un succès suffisant pour décider son auteur à embrasser la carrière dramatique, qu'il ne quittera plus jusqu'en 1674.
Ses premières pièces furent essentiellement des comédies ; le genre, jugé secondaire, était alors en crise, et il contribua beaucoup à le réhabiliter. Il en écrivit six entre 1629 et 1636 (la Veuve, 1632 ; la Galerie du palais, 1633 ; la Suivante, 1634 ; la Place royale, 1634 ; l'Illusion comique, 1636). C'est à la même époque qu'il donna la tragi-comédie Clitandre (1631), ainsi que Médée (1635), sa première tragédie. Il revint plus tard à la comédie, notamment avec le Menteur (1643).
| 2. | Querelle du Cid |
Le triomphe du Cid (1637) fit date dans la carrière de Corneille : alors que le succès public le consacrait avec éclat dans son métier de dramaturge, il dut affronter ce qu'on appelle « la querelle du Cid ». Cette polémique naquit sans doute de conflits d'intérêts divers et des jalousies aiguisées par le succès de la pièce, mais elle donna lieu à un débat intéressant qui nous renseigne a posteriori sur la formation de l'esthétique classique.
En effet, ses ennemis reprochèrent à Corneille de n'avoir pas respecté tout ce qui constitue l'idéal classique au théâtre, notamment les règles de la vraisemblance et de la bienséance, celle des trois unités, ainsi que celle qui préconise la séparation distincte des tons et des genres. Voir Classicisme (littérature).
| 3. | Succès et controverses |
Dans ses grandes tragédies des années 1640, Horace (1640), Cinna (1641), Polyeucte (1642) et Rodogune (1644), Corneille se montra davantage soucieux du respect des règles du théâtre classique, avec toutefois de notables exceptions. Durant ces années, il connut une carrière brillante, que vint couronner son élection à l'Académie française en 1648 (voir Institut de France). Adulé par le public, reconnu par ses pairs, pensionné par le pouvoir, Corneille fut également nommé procureur des États de Normandie.
En revanche, les années 1650 furent assombries par la disgrâce que lui valut Nicomède (1651). Si la pièce connut un succès fracassant, elle apparut aussi comme un éloge à peine voilé du Grand Condé, qui était à la tête de la Fronde ; ainsi, dès la fin des événements, Corneille fut privé de sa charge et de sa pension. Il s'éloigna alors de la création dramatique pour se consacrer à une traduction en vers de l'Imitation de Jésus-Christ (1656). Il ne revint au théâtre qu'en 1659 avec Œdipe. En 1660, il publia trois Discours sur l'art dramatique, tandis que commençait la parution de son Œuvre en recueils, chaque volume étant accompagné d'un « examen » des différentes pièces.
| 4. | Dernières années |
Protégé par Fouquet, puis par Louis XIV, Corneille continua à se consacrer au théâtre, mais Racine avait désormais les faveurs du public. En 1670, les deux auteurs se trouvèrent en rivalité directe lorsqu'ils donnèrent simultanément des pièces sur le même sujet antique. Racine triompha avec sa Bérénice, face au Tite et Bérénice de Corneille, qui ne rencontra qu'un succès mitigé. Dès lors, le temps de Corneille était terminé, et ses deux dernières créations, Pulchérie (1672) et Suréna (1674), furent des échecs qui le poussèrent à cesser son activité de dramaturge. Il mourut à Paris le 1er octobre 1684.