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communistes, partis
1. Présentation

communistes, partis, organisations politiques prenant pour référence le communisme, dominées en principe par la classe ouvrière, et généralement structurées sur le modèle du parti créé en Russie après la révolution de 1917. Chaque parti donne une interprétation du marxisme inspirée plus ou moins directement du modèle soviétique. Ce sont souvent des structures politiques fortement hiérarchisées dans lesquelles la base suit les directives du bureau politique.

Dans les années 1980, plus d’un quart de la population mondiale vivait sous domination communiste. Deux des pays les plus peuplés du monde, la Chine et l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), avaient des gouvernements communistes. Les partis communistes étaient également au pouvoir en Bulgarie, en Tchécoslovaquie, en République démocratique allemande (RDA), en Hongrie, en Pologne, en Roumanie, en Albanie, en Yougoslavie, à Cuba, en Éthiopie, en Angola, en Afghanistan, au Cambodge, au Laos, en Mongolie, en Corée du Nord et au Viêt Nam. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, cependant, de nombreux régimes communistes se sont effondrés après celui de l’Union soviétique. Cet effondrement a eu pour effet d’affaiblir considérablement le pouvoir et l’influence des partis communistes dans le monde.

2. L’URSS

De sa création (1918) à l’instauration du multipartisme (1990), le Parti communiste d’Union soviétique (PCUS) a été le seul parti politique admis en Union soviétique. À la tête de l’État, il dirigeait tous les rouages économiques et politiques du pays.

1. Les origines du PCUS

Le PCUS est issu du Parti ouvrier social-démocrate russe (POSDR), créé en mars 1898 au congrès de Minsk. Lors du congrès de Bruxelles-Londres en juillet-août 1903, ce parti se scinde en deux : d’une part, les bolcheviks de l’aile gauche majoritaire, dirigée par Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine ; d’autre part, les mencheviks, minoritaires.

Après l’échec de la révolution de 1905, les dissensions entre les deux groupes s’accentuent, jusqu’à la séparation définitive en janvier 1912 (conférence de Prague), date à laquelle les bolcheviks fondent leur comité central. Ces derniers estiment, en effet, qu’il ne faut pas attendre la consolidation de la démocratie bourgeoise, mais déclencher la révolution socialiste dans un pays qui constitue le maillon le plus faible de la chaîne du capitalisme. Les mencheviks considèrent, au contraire, que la révolution socialiste n’est possible que dans un pays hautement industrialisé, et qu’il faut d’abord passer par une phase bourgeoise d’industrialisation de la Russie, phase nécessaire et préalable à une élimination de la bourgeoisie au nom de la lutte des classes.

La Première Guerre mondiale constitue, pour le mouvement bolchevique, l’occasion de déclencher la révolution socialiste. Il s’agit pour ses chefs de suivre le mot d’ordre lancé par Lénine : « la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile ». Rentré en Russie après la révolution de février 1917, ce dernier organise la conquête du pouvoir, laquelle doit permettre de passer d’une simple révolution « bourgeoise » à une véritable révolution « prolétarienne ». Au moment de la révolution d’octobre 1917, menée par les bolcheviks, Lénine prend le contrôle du mouvement révolutionnaire russe, fait adopter par le IIe Congrès des soviets (novembre 1917) le décret « sur la paix », et celui « sur la terre » abolissant la propriété foncière. Lénine fait également approuver la constitution d’un nouveau gouvernement entièrement bolchevique, qu’il préside : le Conseil des commissaires du peuple. En janvier 1918, la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) est proclamée. En juillet 1918, le congrès panrusse des soviets, allant à l’encontre de toute pratique démocratique, adopte une constitution consacrant la toute-puissance du Parti communiste (bolchevique) de Russie (nouveau nom du POSDR depuis mars 1918). Dans un contexte de guerre civile et de désorganisation complète du pays, les bolcheviks pratiquent la terreur jusqu’en 1920, sur le modèle jacobin de 1792-1793. En 1922, ils créent, selon les principes unitaires défendus par Joseph Staline, l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) rassemblant quatre républiques. En 1924, le parti est rebaptisé « parti communiste (bolchevique) de l’Union soviétique ». Le nom de parti communiste de l’Union soviétique (sans le qualificatif « bolchevique ») est adopté en 1952.

2. Organisation et composition

La structure du PCUS reflète la structure administrative de l’URSS et est organisée sur le modèle du centralisme démocratique. Au plus bas niveau se trouvent environ 400 000 organisations de base, chapeautées, en ordre croissant de pouvoir, par un nombre moindre de comités, de la campagne, de la ville, du district, de la région et de la république. Au sommet de la pyramide se trouve le Congrès de l’Union, théoriquement l’organe exécutif suprême du parti, le Comité central élu par le Congrès, le Bureau politique, choisi par le Comité central, et le secrétariat. Le plus haut fonctionnaire du parti, le secrétaire général du PCUS, a la suprématie du pouvoir politique en URSS. La composition du Politburo et du secrétariat reflète généralement la prépondérance de l’ethnie russe dans les affaires du parti. Stimulant la masse des militants, une minorité d’activistes dont le but est de devenir apparatchiks, c’est-à-dire responsables, anime la vie politique.

Le parti procède à un recrutement étroit : le temps de probation est long, l’examen des candidats minutieux. Si la qualité de membre du PCUS fait espérer des avantages, elle comporte des obligations morales (vie impeccable) et professionnelles (souci de se perfectionner, qualité du travail : « brigades d’émulation socialistes ») ; l’exclusion du parti est toujours possible. Les permanents jouissent de quelques avantages, et seul le million de membres de la nomenklatura forme une caste à part.

3. Rôle dominant

Organisé selon cette structure monolithique et faussement démocratique, le Parti communiste constitue un puissant moyen de sujétion, l’instrument par excellence du régime totalitaire qui se met en place dans les années 1920, et plus spécifiquement sous l’ère stalinienne. Il a également un rôle déterminant dans le développement de l’impérialisme soviétique au-delà des frontières de l’Union soviétique.

La Constitution de 1977 désigne le PCUS comme « la force dominante et directrice de la société soviétique et le noyau de son système politique, des organisations de ses États et des organisations publiques ». En tant que telle, l’emprise du parti s’étend à tous les aspects de la vie économique, politique, militaire et culturelle soviétique, à travers des organisations d’encadrement des masses telles que la Ligue de la jeunesse communiste (Komsomol), où sont recrutés 75 p. 100 des membres du parti et le Conseil central de l’union des syndicats qui compte plus de 100 millions d’adhérents. L’information peut être complètement canalisée grâce aux organes du parti, le quotidien la Pravda (10 millions d’exemplaires) et le journal idéologique, le Kommunist.

En février 1956, le XXe congrès du PCUS, le premier réuni depuis la mort de Staline, dégage des orientations en rupture complète avec celles des précédents congrès et est marqué par le rapport Khrouchtchev. Le XXe Congrès déclenche ainsi un processus de remise en cause du système stalinien, la déstalinisation, détruisant le dogme de l’infaillibilité du parti, coupable d’avoir laissé si longtemps Staline à sa tête, et entraînant une déstabilisation à l’intérieur de l’URSS, dans les pays satellites et au sein du mouvement communiste international.

Néanmoins, jusqu’à la fin des années 1980, le PCUS domine le mouvement international communiste en raison de la puissance et du prestige de l’Union soviétique, malgré les mutations initiées par la glasnost et la perestroïka sous l’impulsion de Mikhaïl Gorbatchev. L’autorité du PCUS est tout particulièrement manifeste dans les relations avec les partis communistes d’Europe de l’Est et avec les partis d’Europe de l’Ouest et de l’hémisphère occidental. Si la suprématie du PCUS a été remise en question par certains partis européens mais, avant tout, par le Parti communiste chinois, le PCUS est demeuré longtemps la plus puissante organisation politique communiste dans le monde.

4. La crise du PCUS

Dans le courant des années 1980, le PCUS connaît une profonde mutation aux conséquences irréversibles. Lorsqu’il lance en 1986 la politique de glasnost (« transparence ») et de perestroïka (« restructuration »), Mikhaïl Gorbatchev met en œuvre une politique qui aboutira finalement à la chute de l’URSS communiste. La réforme constitutionnelle de 1988, qui tend « à créer un État de droit socialiste », doit engendrer une mutation radicale de l’Empire soviétique. Elle crée une fonction présidentielle aux pouvoirs étendus, renforce le rôle des assemblées élues et les pouvoirs de l’appareil de l’État. Un Congrès, élu au suffrage universel, définit les directions essentielles de la politique intérieure et extérieure, et les élections de 1989 voient effectivement une pluralité des candidatures. Gorbatchev, secrétaire général du PCUS, est alors élu président de la République.

Au début des années 1990, les bouleversements économiques et politiques en Europe de l’Est et en URSS contraignent le PCUS à abandonner son rôle prédominant sur le plan tant national qu’international. Le nombre d’adhérents chute de 19,5 millions en 1988 à 15 millions en 1991. L’URSS légalise les partis d’opposition en février 1990, et la nouvelle charte du parti, proposée en juillet 1991, prend ses distances avec l’orthodoxie marxiste-léniniste. En juin 1991, Boris Eltsine est élu président de la république de Russie. Au mois d’août, les communistes, en grande partie les anciens apparatchiks, tentent de reprendre le pouvoir en évinçant Mikhaïl Gorbatchev. L’échec du putsch inflige une désastreuse défaite au PCUS. En l’espace de quelques jours, le Comité central est démantelé, les activités du PCUS suspendues, et ses dossiers mis sous scellés. À la fin de 1991, l’URSS est dissoute.

Malgré la dissolution du PCUS (6 novembre 1991), les communistes demeurent actifs en Russie, créant de nouveaux partis tels que le parti communiste de la fédération de Russie, le Front du salut national et le parti populaire de la Russie libre. Les adhérents à ces partis se recrutent en majorité chez les citoyens russes opposés aux réformes économiques de Boris Eltsine, même si le parti populaire de la Russie libre a été fondé par le vice-président Alexandre Routskoï, qui en est aussi le dirigeant. Intégrant les membres de l’ex-PCUS après son interdiction, ces partis deviennent rapidement importants.

Le décret par lequel Eltsine a interdit le PCUS est remis en question par la Cour constitutionnelle de Russie. En novembre 1992, la Cour soutient l’interdiction de l’organisation nationale du PCUS, mais se prononce contre l’interdiction au niveau local. Cette décision incite les anciens membres du PCUS sur le plan local à se grouper pour former la Fédération russe du parti communiste (FRPC) qui se développe rapidement. En avril 1993, la FRPC revendique déjà 600 000 membres. Elle établit des relations avec les partis communistes ou groupes communistes russes des autres républiques de l’ancienne Union soviétique. En février 1993, la Cour constitutionnelle inflige une nouvelle défaite à Boris Eltsine en rejetant son interdiction du Front national de salut, organisation nationaliste communiste qui cherchait à le renverser. Néanmoins, le regain des forces communistes ne se révèle pas véritablement capable de changer la politique ou d’instaurer à nouveau la domination communiste. Malgré les difficultés économiques du nouveau pouvoir et le mécontentement de la population, les élections de juin 1996 montrent à la fois la remontée du Parti communiste mais aussi son incapacité à rassembler suffisamment pour lui permettre d’accéder au pouvoir. Le président Eltsine remporte ainsi l’élection présidentielle de 1996 avec 52 p. 100 des voix, après être arrivé de peu devant le leader communiste Guennadi Ziouganov au premier tour. En 2000, Vladimir Poutine devient le deuxième président élu de Russie.

3. Les partis communistes d’Europe de l’Est

Le déclin radical du PCUS a été suivi de près par l’effondrement de nombreux partis communistes d’Europe de l’Est, qu’un lien historique reliait au PCUS. Après plus de quarante ans de domination, tous les gouvernements communistes d’Europe de l’Est ont abandonné le monopole du pouvoir politique entre 1989 et 1991.

Les dirigeants communistes de la République démocratique allemande (RDA) sont évincés avant que celle-ci ne devienne partie intégrante de la République fédérale d’Allemagne (RFA) unifiée. Conscient que la justification de la RDA était idéologique, Erich Honecker refuse tout changement. La conséquence en est une fuite de la population à travers la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Le mur de Berlin tombe le 9 novembre 1989. L’émigration s’amplifie dès lors et provoque l’effondrement du pouvoir communiste, confirmé aux élections de mars 1990. Le 3 octobre 1990, la RFA et la RDA se réunifient.

Les régimes communistes font place à des gouvernements pluripartites en Albanie, en Bulgarie, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Yougoslavie et en Pologne. La transition se fait en douceur, sous la forme d’une « révolution de velours » en Tchécoslovaquie, par exemple, ou plus violemment, comme en Roumanie, où Nicolae Ceauşescu est exécuté le 25 décembre 1989, à la suite d’une insurrection sanglante.

Si l’on fait exception du parti albanais (fondé en 1941), tous les partis communistes d’Europe de l’Est ont vu le jour dans la période 1891-1921. La plupart d’entre eux sont proscrits durant les années 1920 et fonctionnent dans l’illégalité jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Leur montée au pouvoir à la fin des années 1940 fait suite à l’occupation des pays de l’Europe de l’Est par l’armée soviétique. Si, en Yougoslavie et en Albanie, les régimes communistes s’installent naturellement en raison du rôle des militants communistes dans la libération de leur pays, il n’en est pas de même dans les pays de l’Europe de l’Est libérés par l’Armée rouge et où des gouvernements de coalition dominés par les communistes sont mis en place en 1945, comme en Pologne.

Après l’adoption du plan Marshall par les États-Unis, Staline, craignant de perdre le contrôle de ces territoires, décide d’éliminer tous les non communistes des gouvernements, par étapes. Peu à peu, tous les éléments bourgeois sont exécutés ou arrêtés. En 1948, toute l’Europe orientale est dominée par l’URSS. Après avoir suivi le modèle stalinien jusqu’en 1948, Tito rompt avec Moscou et tente d’élaborer en Yougoslavie un système fondé sur l’autogestion. Le parti d’Allemagne de l’Est, connu de 1946 à 1989 sous le nom de Parti socialiste unifié allemand (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands, SED), est toujours resté étroitement lié au PCUS, tout comme le Parti ouvrier socialiste hongrois et le Parti ouvrier unifié de Pologne. Le Parti du travail albanais est demeuré stalinien même après que le PCUS eut commencé à se détourner du stalinisme à la fin des années 1950. En Roumanie, le Parti communiste a mené une politique étrangère semi-indépendante, bien que son organisation ait été strictement conforme à la ligne du parti soviétique.

S’inclinant devant les nouvelles réalités politiques des années 1990, certaines organisations communistes d’Europe de l’Est cherchent à masquer leurs origines en changeant de nom. Le Parti communiste bulgare se restructure ainsi en Parti socialiste bulgare ; les manifestations populaires forcent le Parti communiste bulgare à promettre l’abolition de son rôle dirigeant et des élections libres en mai 1990. En Roumanie, les communistes se baptisent « Front de salut national ». En Pologne, après les élections libres de juin 1989 et la constitution du premier gouvernement non dirigé par les communistes depuis 1947, les communistes se scindent en deux tendances social-démocrates rivales. En Allemagne, à la suite de la réunification, de nombreuses enquêtes de la justice mettent en cause l’ex-pouvoir communiste de RDA, ce qui renforce le discrédit jeté sur les communistes.

4. Les partis communistes asiatiques
1. Chine

Contrairement aux organisations communistes d’Europe de l’Est et d’URSS, le Parti communiste chinois (PCC) est parvenu à endiguer la vague de protestation démocratique de la fin des années 1980. Fondé en 1921, le PCC s’est développé en s’appuyant sur le parti Guomindang, nationaliste. En 1926, il est assez fort pour organiser une forte agitation dans les milieux prolétaires urbains et s’oppose à la stratégie de conquête des campagnes, préconisée par Mao Zedong. En 1927, Jiang Jieshi élimine les communistes de la vie politique et, en octobre 1935, Mao, au terme de la Longue Marche, se réfugie au Shaanxi, où il tente les premières expériences de collectivisation. La menace japonaise oblige à une réconciliation temporaire. Les communistes, à la pointe du combat contre le Japon, tirent ensuite profit de la corruption du Guomindang pour s’imposer en 1949.

Le Grand Bond en avant, qui se veut le modèle chinois du développement économique, entraîne des millions de morts et la rupture avec l’URSS, ainsi que le retrait de Mao Zedong. Autrefois proches alliés, les partis chinois et soviétique se divisent en effet lorsque la Chine veut prendre la tête des pays pauvres contre l’impérialisme. La rupture définitive date de 1960. La Révolution culturelle apparaît comme la revanche de Mao et permet sa totale mainmise sur le PCC. La violence des gardes rouges se déchaîne alors contre tous ceux qui s’opposent à « la pensée Mao Zedong ».

En raison de l’instabilité politique consécutive à la mort de Mao Zedong, le PCC décide d’éviter toute possibilité de renouvellement d’une révolution comme la Grande Révolution culturelle prolétarienne (1966-1969). C’est pourquoi il cherche à limiter le pouvoir individuel des dirigeants. Aussi, conformément à la Constitution d’État adoptée en décembre 1982, le plus haut organe de l’État en Chine est le Congrès national du peuple. Il exerce le pouvoir par l’intermédiaire de son Comité permanent devant lequel le Conseil d’État ou le gouvernement sont responsables.

Pour effacer les derniers effets de la Révolution culturelle, les nouveaux dirigeants du PCC s’efforcent aussi de détruire le pouvoir des « comités révolutionnaires » que Mao a utilisés pour déstabiliser ses adversaires. Simultanément, les organisations de masse qui ont été démantelées pendant la Révolution culturelle sont réactivées. La plus importante est la Fédération des syndicats de Chine, la Ligue de la jeunesse communiste de Chine et la Fédération des femmes de Chine. À partir de 1979, le parti entreprend un programme de modernisation rapide.

Si l’influence du PCC sur le mouvement communiste international est allée en faiblissant après la mort de Mao, il a continué à être identifié aux intérêts de plusieurs partis communistes en Asie, en Afrique et même en Europe. Tous ces partis avaient en commun leur opposition à l’hégémonie du PCUS au sein du mouvement international communiste.

L’organe exécutif du PCC est le Congrès national du parti qui élit le Politburo, le Comité permanent du Politburo et les présidents et vice-présidents du Comité central. Le Comité central, élu en octobre 1992, compte 189 membres à part entière et 130 membres suppléants. Les premiers secrétaires des 30 divisions administratives principales — provinces, régions autonomes et municipalités — sont des membres à part entière.

Sous le Comité central se trouve un réseau de comités au niveau de la province, du district spécial, du comté et de la municipalité. Les organisations de base du parti ou sections du parti, sont installées dans les usines, les mines et autres entreprises en fonction des besoins, dans des communes, des bureaux, des écoles, des commerces ou des quartiers, par exemple.

Le PCC constitue aujourd’hui le plus grand parti communiste du monde avec un nombre d’adhérents estimé à 52 millions au début des années 1990. Il obéit toujours à la doctrine du maoïsme. Il est toujours le seul parti légal du pays depuis la fondation de la République populaire en 1949.

La manifestation de Tian'anmen (1989) a vu la participation des étudiants chinois au mouvement de démocratisation qui touchait bon nombre de pays communistes. Commencée en avril 1989 après la mort de Hu Yaobang, ancien secrétaire général du Parti communiste, limogé en 1987 sous l’accusation de libéralisme bourgeois, la contestation part des universités et gagne les villes. L’armée reprend le contrôle de la situation et engage des mesures de répression. Ces manifestations en faveur de la liberté résultent de la prise de conscience de la contradiction existant entre la restauration d’une économie de marché depuis le début des années 1980, l’accroissement de la production et des profits individuels, et l’absence d’évolution politique, marquée par la toute-puissance du Parti communiste.

2. Autres partis communistes asiatiques

Les différents partis communistes au pouvoir en Asie, comme le Parti communiste au Viêt Nam, le Parti populaire révolutionnaire lao au Laos et le Parti populaire du travail de Corée en Corée du Nord, ont suivi la ligne prorusse ou prochinoise selon les circonstances politiques locales. Parfois totalitaires sur le modèle stalinien de l’organisation du parti, certains s’efforcent quelque peu d’assimiler la nouvelle doctrine de l’économie de marché globale, tandis qu’une minorité n’est pas loin d’avoir le caractère meurtrier des Khmers rouges au Cambodge.

Les partis communistes ont également eu de l’importance dans de nombreux pays non communistes d’Asie. En Inde, le Parti communiste a été un élément non négligeable de la lutte pour l’indépendance contre l’Empire britannique, et le Parti communiste indonésien (PKI) a été un acteur politique clé dans la république d’Indonésie, jusqu’à son élimination brutale en 1965. En Corée du Sud, les cellules communistes clandestines ont longtemps pratiqué une politique pro-nord-coréenne opposée aux gouvernements militaires de droite successifs qui ont précédé le pouvoir démocratique, et, au Japon, les communistes ont orchestré l’opposition aux relations militaires avec les États-Unis.

5. Les partis communistes d’Europe occidentale
1. France

Le Parti communiste français (PCF) est fondé en 1920 par des membres du Parti socialiste français qui souhaitent suivre l’exemple des bolcheviks russes. Entre les deux guerres, le PCF connaît un net effritement du nombre de ses adhérents (130 000 en 1921, 23 000 en 1933). La crise de 1929, l’abandon de la politique de classe contre classe, la dynamique du Front populaire auquel il participe, un secrétaire général populaire et réaliste, Maurice Thorez, lui sont ensuite favorables. Cependant, son attitude après la signature du pacte germano-soviétique lui vaut d’être interdit en 1939.

Premier parti de France à la Libération, avec 26 p. 100 des suffrages (élections d’octobre 1945), le PCF voit son influence diminuer tout au long de la Ve République. Au début des années 1970, fort de près de 500 000 adhérents, il se lance dans une stratégie d’Union de la gauche (Programme commun de gouvernement avec le Parti socialiste, 1972). De juin 1981 à juillet 1984, quatre communistes font partie des gouvernements de Pierre Mauroy.

Aux côtés du PCF, notons l’existence du Mouvement Jeunes communistes de France (MJCF), dont fait partie l’Union des étudiants communistes de France (UECF), et de la Confédération générale du travail (CGT) qui, avec 650 000 adhérents environ en 2002, constitue l’une des principales forces syndicales françaises. Le principal quotidien du PCF, l’Humanité, a un tirage de près de 60 000 exemplaires.

La chute du mur de Berlin (1989) et l’effondrement de l’URSS ont profondément ébranlé le PCF. Néanmoins, son nouveau secrétaire général, Robert Hue, assouplit les structures du parti, relance le dialogue avec l’ensemble des forces de gauche et redonne au PCF une place de partenaire au sein d’une gauche dite plurielle. Entre juin 1997 et mai 2002, le gouvernement de Lionel Jospin compte trois communistes (Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports ; Jean-Claude Gayssot, ministre de l’Équipement, des Transports et du Logement ; Michelle Demessine, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Équipement, des Transports et du Logement, chargée du Tourisme). Cependant, le PCF est victime de son recentrage, comme en attestent les résultats de l’élection présidentielle de 2002 : avec 3,37 p. 100 des suffrages exprimés, le parti communiste — en la personne de son candidat Robert Hue — obtient son score historiquement le plus bas. Au-delà de la crise politique due à la désaffection de l’électorat traditionnel, la crise est aussi financière du fait du non-remboursement des frais de campagne de Robert Hue. Lors des élections législatives de 2002, le groupe communiste à l’Assemblée nationale passe de 35 à 21 élus.

2. Italie

Le Parti communiste italien (PCI) a été fondé en 1921 à la suite de la scission du Parti socialiste italien. Interdit par le régime fasciste (1925), il réapparaît comme une force majeure sur la scène politique italienne en 1944. Au niveau local, le PCI a exercé le pouvoir dans de nombreuses municipalités à partir de la fin des années 1940.

L’organisation du PCI était à peu près similaire à celle du PCUS. L’organisation de base est la section, la fédération étant constituée de plusieurs sections. Les fédérations, dont chacune coïncide avec le territoire d’une province italienne, sont regroupées en comités régionaux. Le PCI comptait 1,5 million d’adhérents au milieu des années 1980, dont 40 p. 100 d’agriculteurs. L’organe officiel du PCI, L’Unita, a un tirage quotidien de 300 000 exemplaires.

Dans les années 1970 et au début des années 1980, le PCI, qui se montre critique à l’égard du PCUS, se fait le promoteur de l’« eurocommunisme » par la voix de son secrétaire général, Enrico Berlinguer. En réaction aux bouleversements en Europe de l’Est et en URSS, le PCI se transforme en parti démocratique de la Gauche (Partito democratico della Sinistra, PDS) en 1991, mettant l’accent sur la social-démocratie, les droits des femmes et les questions économiques. Aux élections de 1996, le PDS devient le premier parti d’Italie, avec 20,6 p. 100 des voix, et la coalition de l’Olivier, dont le PDS est un pilier, constitue un gouvernement. Au moment de la transformation du PCI en PDS, 150 000 dissidents fondent le Parti de la refondation communiste (Partito della rifondazione comunista, dit Rifondazione), qui marque sa différence par une plus grande fidélité aux idéaux communistes traditionnels de l’ancien Parti communiste.

3. Autres partis d’Europe occidentale

Les partis communistes d’Europe occidentale ont tous été fondés entre 1918 et 1923, après la révolution russe. Leur histoire a varié au hasard des relations internationales et ils disposent de plus ou moins de pouvoir politique d’un pays à l’autre.

Parmi les plus petits partis, en taille et en importance, se trouvent ceux d’Autriche, du Danemark, d’Allemagne, d’Irlande, des Pays-Bas et de Suisse, qui soutenaient tous le PCUS. S’ils sont également faibles, les partis de Suède, de Norvège, de Belgique et de Grande-Bretagne ont été représentés dans leurs parlements respectifs et ont participé au gouvernement, sur le plan tant national que local.

Comparativement à ceux de France et d’Italie, les partis communistes d’Europe occidentale les plus importants sont ceux de Grèce, de Finlande, du Portugal et d’Espagne.

6. Les partis communistes du continent américain
1. Les États-Unis

Le parti communiste des États-Unis d’Amérique (PCUSA) est issu du Parti travailliste communiste et du Parti communiste, tous deux fondés en 1919. Il a pris le nom de « parti des Travailleurs d’Amérique » en 1921, puis de « parti communiste des États-Unis » en 1929. Le PCUSA n’est pas représenté au Congrès.

On estime à environ 20 000 le nombre d’adhérents au PCUSA. Ses membres sont concentrés dans un petit nombre d’États industriels et appartiennent à la tranche d’âge des cinquante ans et plus. Le PCUSA était structuré selon le modèle du PCUS. Il ne possède pas d’organisations officiellement affiliées, mais la Ligue de la jeunesse communiste des États-Unis (l’ancienne Ligue de libération des jeunes travailleurs), qui compte 3 000 adhérents, fait fonction de section de la jeunesse.

Le PCUSA a été un des partis les plus prosoviétiques, faisant écho à toutes les positions de l’URSS en matière de politique étrangère et de politique intérieure. Cette rigidité doctrinale et politique a souvent été critiquée par des organisations marxistes rivales, dont la plus importante est le Parti socialiste des travailleurs. Les plus petits mouvements, tels que le Parti communiste révolutionnaire, se sont également opposés aux positions pro-PCUS du PCUSA mais n’ont jamais attiré qu’un nombre restreint d’adhérents. Durant la guerre froide, ces partis ont été soumis à un contrôle très strict de la CIA et sont passés pour la plupart dans la clandestinité au moment du maccarthysme. La fin du monde bipolaire a fortement affaibli ces partis, qui peuvent être assimilés à des groupuscules.

2. Les partis communistes d’Amérique latine

Les partis communistes de l’hémisphère occidental sont, à l’exception de ceux de Cuba et du Nicaragua, généralement de petite taille et, dans certains cas, illégaux. Leur importance est à mettre au compte de leur soutien aux coalitions de gauche, en particulier en Amérique centrale et en Amérique du Sud, et, à l’occasion, de leurs activités de guérilla. Les partis communistes du Chili, du Salvador, de Colombie, du Guatemala et du Mexique ont été parmi les plus actifs sous cet angle. Les partis d’Amérique latine ont généralement soutenu à la fois le PCUS et le Parti communiste cubain, lequel les aidait financièrement. Au Nicaragua, les sandinistes, proches des communistes, renversent la dictature d’Anastasio Somoza Debayle en 1979, mais ils sont confrontés à l’opposition des États-Unis, qui soutiennent les rebelles de la Contras, et à celle des libéraux appuyés par l’Église. Aux élections de 1990, le sandiniste Daniel Ortega est battu par la candidate libérale Violeta Chamorro.

Le parti cubain, dirigé par Fidel Castro, est le seul parti communiste au pouvoir dans l’hémisphère occidental. Organisé dans la ligne pure et dure du PCUS, et dépendant de l’aide financière de l’Union soviétique, le Parti communiste cubain contribue à la mise en œuvre de la politique du PCUS dans les années 1970 et 1980, en fournissant une aide militaire aux « mouvements de libération nationale » à l’étranger, en particulier en Éthiopie et en Angola. Cependant, la chute de l’URSS et ses difficultés économiques mettent fin aux échanges économiques privilégiés avec Cuba. En outre, le blocus américain exercé contre Cuba plonge l’île dans une situation économique désastreuse et remet en cause, à terme, l’hégémonie du parti ainsi que le pouvoir absolu de Fidel Castro.