| famille (sociologie) | Format lecture | ||||
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| 2. | Histoire |
Les anthropologues et de nombreux spécialistes des sciences sociales ont développé plusieurs théories sur la façon dont évoluent les structures et les fonctions familiales. Selon une de ces théories, à l'époque préhistorique de la chasse et de la cueillette, deux ou trois familles, généralement unies par les liens de parenté, se regroupaient pendant une partie de l'année, puis se séparaient en unités nucléaires pendant les saisons où la nourriture était rare. La famille était une unité économique : les hommes chassaient pendant que les femmes préparaient les repas et gardaient les enfants. L'infanticide et l'expulsion des infirmes qui ne pouvaient pas travailler hors du foyer familial étaient vraisemblablement assez répandus. Certains anthropologues soutiennent que les peuples préhistoriques étaient monogames, d'autres que la polygamie était la règle. Comme l'a montré l'anthropologue Claude Lévi-Strauss, le seul tabou commun aux sociétés archaïques comme aux sociétés contemporaines a toujours été l'inceste, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas pu avoir de procréation entre membres de familles élargies : toutefois, la relation père-fille ou mère-fils a presque toujours été réprimée par le corps social.
Beaucoup de spécialistes des sciences sociales considèrent que la famille occidentale moderne s'est en grande partie constituée sur la base de la structure patriarcale (à domination masculine) de la famille des anciens Hébreux. La famille inspirée de la culture gréco-romaine était également patriarcale et tenue à des préceptes religieux stricts. Parallèlement au déclin des civilisations grecque et romaine dans les siècles qui suivirent, les structures familiales clairement identifiées déclinèrent elles aussi.
Avec l'avènement du christianisme, le mariage et la maternité devinrent des thèmes centraux du discours familial. La nature purement religieuse des liens familiaux fut partiellement abandonnée en faveur des liens civils après la Réforme, dont les idées se propagèrent au début du XVIe siècle. Avec l'important mouvement de sécularisation de la société qui suivit la Révolution française et qui s'étendit à l'ensemble du monde occidental au XIXe siècle, la relation familiale devint une affaire principalement civile ; la famille eut de plus en plus tendance à se rétrécir au couple et à ses enfants, tandis que disparaissait peu à peu l'enracinement au sol que procurait la propriété foncière.