| Antoine, André | Format lecture | ||||
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| 3. | Le père de la mise en scène moderne |
André Antoine applique les théories d’Émile Zola sur la mise en scène, cherchant à reproduire sur scène avec exactitude un milieu social précis. Il débarrasse son théâtre des artifices et des vieilles conventions scéniques (décors interchangeables ou toiles peintes, cabotinage des acteurs et jeu déclamatoire à l’avant-scène, luxe exagéré des costumes élaborés par des grands couturiers) et impose des décors et des accessoires réels, un jeu sobre et le plus « naturel » possible, un ton proche de la conversation, « comme si le spectateur n’était pas là », l’acteur au besoin jouant de dos. Il insiste également sur la gestuelle, selon lui le moyen d’expression le plus intense de l’acteur, et règle avec grand soin les scènes de groupe. Il adopte le principe wagnérien de l’obscurité dans la salle et l’éclairage électrique. L’action est censée se dérouler derrière un « quatrième mur », invisible, qui laisse pénétrer le regard du spectateur, invité à assister en voyeur à une « tranche de vie » (Causeries sur la mise en scène, 1903).
Avec André Antoine, la mise en scène, qui revenait jusqu’ici souvent à l’acteur principal, devient essentielle. Le metteur en scène, de simple « régisseur », devient « coauteur ». Son Théâtre-Libre fait des émules ; des « théâtres-libres » sont créés à Londres, Munich et Berlin (où la Freie Bühne est créée en 1889).