| Beatles, The | Format lecture | ||||
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| 3. | La Beatlemania |
| 1. | La conquête de l’Amérique |
En février 1964, les Beatles débarquent à New York où les attend une foule de fans au bord de l’émeute. Leur prestation au Ed Sullivan Show est regardée par 75 millions de spectateurs et leur tournée de concerts draine des foules considérables dans chaque ville. Cette brèche dans le marché de la musique populaire américaine est baptisée British Invasion (soit « invasion britannique ») et ouvre la voie aux autres groupes britanniques, tels les Animals et les Rolling Stones. Parallèlement, le groupe devient l’objet d’une intense campagne marketing destinée à populariser plus encore son image.
Le public américain apprécie au plus haut point les talents de compositeurs de Lennon et McCartney, deux Anglais qui tirent profit de tout ce que les États-Unis ont produit de meilleur musicalement : harmonies vocales typiques des Everly Brothers et des Beach Boys, chant agressif à la Little Richard et sens de la mélodie qui rappelle l’école du Brill Building et celle de Tamla Motown (voir musique soul). De Please Please Me (1963) à Help (1965), leurs albums restituent sous la forme de compilations de 45 tours le meilleur du rock and roll, de la pop et de la soul blanche avec une évidence incomparable. Les Beatles tournent également sous la direction de Richard Lester deux films qui illustrent leurs deux albums éponymes A Hard Day’s Night (1964) et Help.
| 2. | Les premières évolutions |
En 1965, le quatuor de Liverpool s’investit dans d’épuisantes tournées à travers le monde qui lui valent une gloire universelle. C’est à cette période que John Lennon prononce sa phrase demeurée célèbre : « Nous sommes désormais plus célèbres que le Christ ». L’album Rubber Soul (1965), plus introspectif et plus raffiné, marque toutefois un changement de cap ; avec autant de perfectionnisme qu’auparavant, le groupe, qui n’a (déjà) plus rien à prouver, subtilise sa manière, introduit de nouveaux instruments (sitar sur « Norwegian Woods ») et aborde des thèmes inédits. En 1966, les Beatles donnent leurs derniers concerts en mai à Wembley en Angleterre et en août à San Francisco.
S’ouvre alors une période de mutations où ces musiciens « d’obédience » pop vont se transformer en artistes complexes, et où le groupe va basculer de l’unité à une somme d’individualités. La métamorphose est parachevée par la mort tragique de leur manager, Brian Epstein, personnalité-clé indissolublement liée aux Beatles de la première époque.