Saint Empire romain germanique
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Saint Empire romain germanique
2. De l’Empire romain à l’avènement d’Othon
1. L’Europe après la chute de Rome

Au cours du haut Moyen Âge, l’idée d’un royaume soumis à l’autorité spirituelle de Rome fait progressivement son chemin. L’Empire byzantin, qui contrôle les provinces de l’empire romain d’Orient depuis Constantinople (actuelle Istanbul), garde la souveraineté de principe sur les territoires de l’ex-empire romain d’Occident. Mais, avec la fusion des tribus germaniques en royaumes chrétiens indépendants au cours des VIe et VIIe siècles, l’autorité politique des empereurs de Byzance s’amoindrit en Occident. Parallèlement, l’esprit de la sécession occidentale se fait sentir dans l’Église, en particulier sous le pontificat de Grégoire Ier (590-604). La querelle entre les deux branches de l’Église prend des proportions critiques et atteint son paroxysme en 730 avec le déclenchement de la Querelle iconoclaste.

2. L’Empire carolingien

La papauté nourrit alors à nouveau le rêve de ressusciter l’empire d’Occident. Certains papes examinent la possibilité de prendre la direction de l’État projeté. Dépourvue de force militaire et d’administration, sous la menace des Lombards en Italie, la hiérarchie religieuse abandonne l’idée d’un royaume spirituel associé au temporel et se décide à conférer le statut impérial à la puissance dominant l’Europe occidentale, le royaume des Francs. Charlemagne, qui monte sur le trône franc en 768, montre de grandes aptitudes pour cette tâche, comme en témoignent la conquête de la Lombardie (773) et l’expansion de ses territoires jusqu’à des proportions impériales. Le 25 décembre 800, le pape Léon III couronne Charlemagne empereur. Mais l’empire d’Occident ressuscité ne subsiste guère à la mort de Charlemagne (814) comme entité politique effective.

Durant la majeure partie du IXe siècle, et malgré les dissensions au sein de l’empire d’Occident nouvellement créé, les papes maintiennent l’organisation impériale et le titre, principalement au sein de la dynastie carolingienne. Mais au-delà de leurs terres, les empereurs exercent peu d’autorité. Après le règne de Bérenger Ier du Frioul (905-924), également détenteur des titres de roi d’Italie et de souverain de Lombardie, le trône impérial reste inoccupé durant pratiquement quatre décennies.

3. L’avènement d’Othon

Le royaume franc oriental (ou Germanie), fermement dirigé par Henri Ier l’Oiseleur, puis par son fils Othon Ier le Grand, se révèle alors la principale puissance en Europe. Outre qu’il est un souverain habile et ambitieux, Othon Ier est un ardent défenseur de l’Église catholique : nominations de clercs à de hautes fonctions, missions d’évangélisation envoyées à l’est de l’Elbe et, sur les injonctions du pape Jean XII, campagnes militaires contre le roi d’Italie Bérenger II. En 962, en reconnaissance des services rendus par Othon, Jean XII le couronne empereur à Rome, donnant ainsi naissance au Saint Empire romain germanique.