| Format recherche | Henri IV (Saint Empire) | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Henri IV (Saint Empire) (1050-1106), roi de Germanie et empereur du Saint Empire (1056-1105).
Son règne durant, Henri IV a défendu les droits de la couronne face aux prétentions de la papauté — querelle ouverte au sujet des investitures — et aux revendications ducales.
| 2. | La régence ou un héritage difficile |
Né à Goslar (Allemagne) le 11 novembre 1050, fils de l’empereur Henri III et d’Agnès de Poitiers, Henri est élu roi des Romains dès l’âge de trois ans — deux ans avant la mort de son père — et couronné à Aix-la-Chapelle en juillet 1054. Suivant les conseils du pape Victor II, la reine mère Agnès assure la régence, mais doit rapidement céder le pouvoir à l’archevêque Annon de Cologne — qui s’empare du roi en 1062. Durant cette période, Othon de Nordheim reçoit le duché de Bavière et Rodolphe de Rheinfelden est nommé duc de Souabe, deux erreurs politiques lourdes de conséquences pour le roi Henri.
En 1065, Henri IV, déclaré majeur, prend pour conseiller l’archevêque Adalbert de Brême. Immédiatement, il dépossède Othon de la Bavière, met la main sur les biens des Ottoniens en Saxe et entreprend la construction de forteresses défensives sur ces terres. Contestant cette spoliation, en 1073 éclate un soulèvement paysan en Saxe que Henri mate avec l’aide des élites urbaines rhénanes.
| 3. | De la querelle des Investitures à Canossa |
En 1075, un décret pontifical de Grégoire VII interdit formellement toute investiture laïque, visant en cela particulièrement le roi Henri qui a nommé plusieurs prélats en Italie. La réponse germanique ne tarde pas : le 24 janvier 1076, un synode d’évêques germaniques se tenant à Worms dépose le pape ; Henri, soutenant ses prélats, adresse une violente missive au pape, lui rappelant l’inviolabilité de la fonction royale, de nature divine ; c’est le début de la querelle des Investitures. À cette initiative le pape réplique par l’excommunication du souverain (janvier 1076), déliant ainsi ses sujets de leur devoir d’allégeance.
Réunis à Tribur en octobre, les nobles se coalisent et menacent de remplacer Henri s’il n’obtient pas rapidement l’absolution. Avec la protection de son parrain Hugues de Cluny qui intercède en sa faveur, Henri se rend le 20 janvier 1077 aux portes de la résidence du pape Grégoire, à Canossa ; durant trois jours, il reste debout, habillé comme un pénitent et les pieds nus dans la neige, afin d’obtenir l’absolution papale et de rentrer dans la communion de l’Église. Henri IV retourne ensuite en Allemagne, doté d’une autorité raffermie.
| 4. | Du titre impérial à l’abdication d’Henri IV |
Toutefois, en mars 1077, les nobles allemands élisent comme nouveau roi de Germanie Rodolphe de Rheinfelden, duc de Souabe. En 1080, après quelques hésitations, le pape reconnaît la légitimité de Rodolphe et renouvelle l’excommunication de Henri. Les prélats germaniques, en accord avec le roi, proclament la déposition du pape Grégoire et font monter l’archevêque italien Guibert de Ravenne sur le siège pontifical, sous le nom de Clément III. Rodolphe est tué en octobre 1080, au cours de la bataille d’Elster, et Henri IV reconquiert son pouvoir sur l’Allemagne.
Après avoir pris Rome, Henri est couronné empereur le 31 mars 1084, par l’antipape Clément III. Mais, malgré ses campagnes victorieuses en Italie, il ne peut avoir raison du nouveau pape Urbain II, élu en 1088. Celui-ci parvient à reprendre Rome et à chasser le souverain d’Italie. Henri IV doit également faire face à la défection de sa seconde épouse et à l’opposition de ses fils, Conrad et surtout Henri, qui est désigné comme son successeur en 1097.
Fait prisonnier par son fils Henri, Henri IV doit abdiquer le 31 décembre 1105. Réfugié en Basse-Lorraine, il meurt à Liège (Belgique actuelle) le 7 août 1106 et, du fait de l’excommunication, son corps reste sans sépulture. En 1111, son fils et successeur Henri V offre une sépulture à son corps qui est enterré dans la cathédrale de Spire.