Cap-Vert
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Cap-Vert
3. Population et société
1. Démographie

En 2008, la population cap-verdienne est estimée à 426 113 habitants, dont plus de 50 p. 100 sont concentrés sur l’île de São Tiago. La densité moyenne est de 106 habitants au km². Mais la diaspora cap-verdienne forme une population plus nombreuse que celle de l’archipel puisque plus de 700 000 Cap-Verdiens vivent à l’étranger, principalement aux États-Unis (260 000) et en Europe (dont 100 000 personnes au Portugal).

Le pays a commencé sa transition démographique dans les années 1980. Le taux de fécondité a diminué de 7 enfants par femmes en 1980 à moins de 4 en 2005. De manière générale, les indicateurs démographiques ont fortement progressé depuis l’indépendance, avec une mortalité qui est passée de 10 décès pour 1 000 habitants dans les années 1970 à 6,50 p. 1 000 en 2008, et une espérance de vie qui atteint 71,3 années en 2008 (contre 56 ans en 1970). Plus de 60 p. 100 de la population a moins de 25 ans en 2005. La croissance démographique est estimée à environ 1,8 p. 100 par an en 2008.

À l’instar de son système de santé, le Cap-Vert dispose d’un bon système d’éducation. Tous les enfants sont scolarisés à l’école primaire, et le taux d’alphabétisation atteint 78 p. 100 en 2005. S’il dispose de quelques instituts supérieurs, le pays ne possède cependant pas d’universités publiques.

Plus de la moitié de la population (57 p. 100) habite les centres urbains, dont les principaux sont Praia, la capitale, établie sur l’île de São Tiago, et Mindelo, sur São Vicente. Cette situation est le résultat d’un exode rural qui a en particulier entraîné dans les années 1990 le doublement de la population de Praia, qui atteint en 2005 quelque 100 000 habitants. Les problèmes de logement qui en découlent, combinés à un chômage important (estimé à 25 p. 100 de la population) et à une pauvreté en hausse — au début des années 2000, 37 p. 100 des Cap-Verdiens sont pauvres, contre 30 p. 100 à la fin des années 1980 — contribue à une augmentation de la criminalité.

2. Langues et religions

La population est essentiellement composée de métis descendants des anciens esclaves africains et des colonisateurs européens, les créoles (blancs) représentent 2 p. 100 de la population. La langue officielle est le portugais ; mais les Cap-Verdiens parlent une langue véhiculaire, le crioulo (créole portugais), forgé à partir du portugais et de différentes langues d’Afrique. La religion dominante est le catholicisme (98 p. 100 de la population) ; le protestantisme concerne moins d’1 p. 100 de la population.

3. Culture

Les îles du Cap-Vert ont donné naissance à une intéressante littérature de langue portugaise. Dès 1936, la revue Claridade (Clarté), fondée par Jorge Barbosa (1902-1971), Manuel Lopes (né en 1907) et Baltazar Lopes (1907-1990), marque la naissance d’un mouvement d’affirmation culturelle et sociale. Très dynamique, la création littéraire cap-verdienne se caractérise par l’importance de la poésie, représentée notamment par Virgilio de Lemos (né en 1929) ou encore Mário Fonseca (né en 1939) ; Germano Almeida (né en 1945), explore quant à lui dans ses romans les dessous de la bonne société cap-verdienne. Le Cap-Vert connaît aussi des formes musicales à part entière, comme la morna, un style musical sophistiqué empreint de saudade (littéralement : « nostalgie »), qui est au Cap-Vert ce que le fado est au Portugal. Cesaria Evora, Morgadinho et Teofilo Chantre en sont les meilleurs représentants. Le niveau culturel est plus élevé que dans les autres anciens territoires portugais, ce qui a valu à de nombreux Cap-Verdiens d’occuper des postes de petits fonctionnaires dans ces territoires à l’époque coloniale, mais aussi d’être à l’avant-garde de la lutte anticoloniale.