nouvelle (littérature)
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nouvelle (littérature)
4. XVIIIe siècle : le conte et la nouvelle

Le XVIIIe siècle vit se multiplier les récits courts intitulés contes. Les Romans et Contes de Voltaire illustrent le genre du conte philosophique. La nouvelle se différencie pourtant du conte en ce sens que, si elle peut être fantastique ou faire appel au surnaturel, elle ne comporte pas d'éléments relevant du merveilleux, puisqu'elle relate des événements réputés réels. En outre, la structure des contes comprend des invariants et des éléments codifiés qui sont des conventions définitoires du genre : les conventions génériques du conte, du conte de fées et du conte populaire, s'opposent à l'absence de conventions génériques qui caractérise la nouvelle. Il est vrai qu'un certain nombre de textes qui sont en fait des nouvelles peuvent s'intituler contes : c'est le cas des Contes cruels (1883) de Villiers de l’Isle-Adam, qui sont des récits dans la veine de ceux d'Edgar Poe, c'est le cas encore des Contes du chat perché (1934, 1950 et 1958) de Marcel Aymé, qui mêlent des éléments de merveilleux (les animaux qui parlent) à une évocation drôle de la vie à la ferme ; mais en réalité il s'agit là de variantes modernes et parodiques du genre du conte.

Plus complexe est l'interprétation générique des récits des romantiques allemands. Les contes de Tieck (les Elfes, la Coupe d'or, le Runenberg), ceux d'Hoffmann (le Vase d'or, Kreisleriana, la Princesse Brambilla) ou ceux de Friedrich de La Motte-Fouqué (Ondine, la Mandragore), qui ne sont pas des contes traditionnels comme ceux de Grimm ou de Perrault (voir Contes de Grimm et Contes de ma mère l'Oye), contiennent suffisamment d'éléments empruntés au féerique et aux légendes populaires pour former un sous-genre à part à l'intérieur du genre du conte.