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Spengler, Oswald

Spengler, Oswald (1880-1936), idéologue allemand qui a tenté d’interpréter l’évolution et la succession des civilisations comme celles d’organismes biologiques.

Né à Blankenburg, il obtient en 1904 un doctorat en philosophie avec une thèse sur Héraclite. Hostile à la République de Weimar, il approuve l’idéologie national-socialiste en 1933, mais refuse à Hitler le titre de héros dont le peuple a besoin.

La pensée de Spengler est influencée par la méthode comparative d’étude historique mise au point par le philosophe italien Giambattista Vico. Dans son principal ouvrage, le Déclin de l’Occident (1918-1922), Spengler s’emploie à montrer que chaque civilisation possède une « âme » unique, c’est-à-dire un style d’art et de pensée, et que toutes les civilisations parcourent un cycle de vie, de la croissance au déclin, comparable au cycle biologique des organismes vivants.

Analysant l’histoire de l’Europe occidentale en reprenant la distinction nietzschéenne entre culture apollinienne et culture dionysienne (« faustienne », c’est-à-dire celle qui regarde vers l’avenir), Spengler estime que la civilisation européenne est parvenue au stade final de l’évolution de sa culture, et qu’elle est entrée dans une période d’expansion technologique et politique.

Avec l’Homme et la Technique (1931), Spengler continue son analyse de la civilisation technicienne, parlant, avant Heidegger, de la main et de l’outil, et pose la notion de « la pensée de la main », qu’il considère comme caractéristique de l’Homme. Mais Spengler prévoit aussi « la nausée des machines », et pour cette raison sera discrédité par les nazis qui ne verront que pessimisme dans cette interprétation.