Hongrie
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Hongrie
3. Population et société
1. Démographie

En 2008, la population hongroise était estimée à 9 930 915 habitants, soit une densité de 108 habitants au km². Environ 66 p. 100 des habitants vivaient en zone urbaine en 2005. Pour la période 1990-1995 et pour la période 1995-2000, le taux de croissance annuel moyen a été négatif (- 0,49 p. 100 et - 0,6 p. 100). En 2008, le taux de natalité était de 9,60 p. 1 000, avec une moyenne de 1,34 enfant par femme. Les moins de 15 ans représentent 15,15 p. 100 de la population et les plus de 60 ans, 21,24 p. 100. L’espérance de vie moyenne est de 69 ans pour les hommes et 77,6 ans pour les femmes.

Environ 93 p. 100 des Hongrois sont des Magyars, descendants des tribus finno-ougriennes et turques qui se sont mêlées aux tribus avars et slaves de Hongrie au ixe siècle apr. J.-C. Les Tsiganes ou Roms (5 p. 100), les Allemands (2 p. 100), les Slovaques (0,9 p. 100), les Slaves du Sud (Serbes, Croates, Slovènes ; 0,9 p. 100) et les Roumains (0,2 p. 100) sont les principales minorités ethniques du pays.

2. Découpage administratif et villes principales

Sur le plan administratif, le pays est divisé en 19 comtés (comitats).

Budapest (1 708 000 habitants en 2003) est la plus grande ville du pays et sa capitale politique, économique et culturelle. Les autres grandes villes sont Debrecen (206 564 habitants), centre commercial d’une grande région agricole à l’est du pays ; Miskolc (182 408 habitants), siège des industries métallurgiques au nord-est ; Szeged (163 699 habitants), centre de distribution des produits agricoles de la Grande Plaine hongroise mais aussi haut lieu des industries chimiques et des textiles synthétiques au sud-est ; Pécs (159 794 habitants), centre d’industries légères au sud du pays.

3. Institutions et vie politique

Substantiellement révisée en 1989, la Constitution de 1949 a servi de base à la transition d’un État communiste vers une démocratie parlementaire.

3.1. Organisation des pouvoirs

Le pouvoir exécutif est détenu par le président de la République, élu pour cinq ans par le Parlement. Il nomme le Premier ministre, chargé de former son gouvernement.

Le pouvoir législatif appartient au Parlement dont les 386 membres sont élus au suffrage universel pour quatre ans. Parmi eux, 176 sont élus directement dans les 176 circonscriptions, 152 le sont à la proportionnelle sur des listes présentées par les partis dans les comitats et 58 sont élus indirectement à partir de listes, en fonction des scrutins précédents.

La plus haute juridiction du pays est la Cour suprême, siégeant à Budapest. Ses membres sont élus par l’Assemblée nationale. Les cours de comitat, de district et de ville traitent les affaires criminelles et sont en principe présidées par un juge professionnel et deux assesseurs. Les juges sont élus par des conseils locaux pour trois ans.

3.2. Partis politiques

À partir de 1949, la vie politique a été dominée par le Parti des travailleurs socialistes hongrois et le Parti communiste, transformés en un Parti socialiste ouvrier hongrois en 1956 puis, en octobre 1989, en Parti socialiste hongrois (MSZP). De nombreux autres partis ont vu le jour à la fin des années 1980, lors de la chute du communisme : le Parti civique hongrois (Fidesz, conservateur), le Forum démocratique hongrois (MDF, centriste), l’Alliance des démocrates libres (SZDSZ, libéral), le Parti hongrois de la justice et de la vie hongrois (MIEP, extrême droite), le Parti indépendant des petits propriétaires et des paysans (FKGP), premier parti du pays en 1945, dissous après l’instauration de la République populaire de Hongrie et reconstitué en 1988 et le Parti chrétien-démocrate populaire (KDNP, chrétien-démocrate).

3.3. Défense nationale

Autrefois intégrées au pacte de Varsovie, les forces armées hongroises sont aujourd’hui autonomes. Par ailleurs, entre 1990 et 1991, l’URSS a évacué ses 55 000 hommes stationnés sur le territoire hongrois. En 1999, la Hongrie est devenue membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).

En 2004, l’armée hongroise comptait 32 300 hommes, 23 950 dans l’armée de terre et 7 500 dans l’aviation. Le service militaire dure dix-huit mois. En 2003, l’État a consacré 1,9 p. 100 du produit intérieur brut (PIB) aux dépenses de Défense nationale.

4. Langues et religions

Le hongrois, langue finno-ougrienne écrite en caractères latins et influencée par des emprunts aux langues turque, slave, allemande, latine et française, est la langue officielle du pays. L’allemand, le roumain, le slovaque et le croate sont également parlés.

La Hongrie est traditionnellement un pays catholique romain avec une importante minorité protestante. Environ les deux tiers de la population sont catholiques tandis qu’un quart est protestant. Les principaux groupes protestants sont l’Église calviniste réformée hongroise (18 p. 100) et l’Église luthérienne hongroise (8 p. 100). Les orthodoxes représentent 0,4 p. 100 de la population et la communauté juive, forte de près d’un million de membres avant la Seconde Guerre mondiale, comptait moins de 100 000 membres en 1991 (1 p. 100).

5. Éducation

La scolarité est obligatoire pour les enfants de 7 à 16 ans. L’école primaire est gratuite ainsi que l’enseignement secondaire et supérieur. En 1994–1995, 3 814 écoles primaires accueillaient 489 768 enfants répartis en huit niveaux. Environ 1,01 millions de jeunes Hongrois fréquentaient les 1 180 écoles techniques et secondaires. Le pays possède quelque 60 établissements d’enseignement supérieur, qui recevaient 354 386 étudiants en 2001–2002. Les plus importantes sont les universités de Budapest (fondée en 1635), Pécs, la plus ancienne du pays (1367), Szeged (1872) et Debrecen (1912). Sur la période 2002–2003, l’État a consacré 5,8 p. 100 du PNB aux dépenses d’éducation.

6. Arts et vie culturelle

Les anciens Magyars possèdent une culture païenne florissante qui conserve des accents orientaux dans ses légendes et son folklore artistique et musical. À la suite de leur conversion au christianisme, au xe siècle, les éléments culturels païens et orientaux sont remplacés par des thèmes occidentaux tandis que le latin devient la langue officielle et littéraire. Au cours du xve siècle, des artistes et érudits italiens promeuvent la Renaissance en Hongrie. Au siècle suivant, durant la Réforme, le hongrois remplace le latin.

Aux xviiie et xixe siècles, la Hongrie goûte à son tour au siècle des Lumières et au libéralisme européen occidental. La littérature hongroise connaît alors un relatif développement mais reste méconnue à l’extérieur des frontières du pays. Seul un très petit nombre d’artistes hongrois acquièrent une renommée internationale : la peinture connaît son apogée au cours de la période romantique du xixe siècle. László Moholy-Nagy est un des artistes majeurs du xxe siècle. Sous le joug communiste, le réalisme socialiste domine l’art hongrois.

Sur le plan musical, la culture hongroise est marquée par diverses influences.

L’introduction du christianisme en Hongrie s’accompagne de celle de la musique sacrée occidentale, sous la forme des chants grégoriens. Au xve siècle, un style vocal et instrumental apporté par les Roms en provenance d’Inde se développe. Par ailleurs, la musique populaire hongroise adopte les harmonies orientales telles que la construction de mélodie par mode ou gamme, propres aux Turcs qui envahissent le pays aux xvie et xviie siècles.

Aux xviie et xviiie siècles, les cours princières telle celle du prince Nicholas Esterhazy, à Eisenstadt, possèdent souvent leurs propres compagnies d’opéra et de théâtre qui emploient des musiciens étrangers. L’exemple le plus connu est celui du compositeur autrichien Joseph Haydn qui a travaillé pendant trente ans au service de la famille Esterhazy. Le xixe siècle voit l’émergence du premier compositeur local, Ferenc Erkel, qui compose l’hymne national et le premier opéra hongrois. Le compositeur et pianiste Franz Liszt passe le plus clair de son temps dans d’autres pays. Tout comme Erkel, Ernst von Dohnányi est très influencé par les compositeurs allemands. La musique allemande continue d’exercer une grande influence sur la musique hongroise jusqu’à ce que Béla Bartók et Zoltán Kodály parviennent à une notoriété internationale. À partir de 1905, Bartók et Kodály collectent et éditent des milliers de thèmes du folklore hongrois et les intègrent à leurs œuvres. À la fin des années 1950, les jeunes compositeurs commencent à dédaigner cette musique folklorique pour explorer des approches plus modernes de la composition.

6.1. Institutions culturelles

La musique revêt une importance particulière dans ce pays qui compte de nombreuses salles de concerts et formations musicales, classiques ou folkloriques. Mais la vie culturelle, fortement subventionnée pendant la période communiste, traverse aujourd’hui une crise. Après une courte période d’effervescence, plusieurs salles de théâtre ont dû fermer leurs portes et les productions artistiques actuelles ne se caractérisent pas par une grande innovation.

La bibliothèque nationale Széchényi de Budapest, fondée en 1802, est la plus importante bibliothèque du pays, avec plus de 2,4 millions d’ouvrages et 4,2 millions de pièces d’archives.

Parmi les grands musées de Hongrie, le musée de l’Histoire nationale dont les collections retracent l’histoire de la société et de la culture magyars depuis le ixe siècle, le musée des Beaux-Arts et le musée d’Histoire naturelle se trouvent à Budapest. Le pays compte plus de 100 musées publics.

6.2. Médias

La Hongrie possède quatre stations de radio et deux chaînes de télévision. La Constitution hongroise garantit la liberté de la presse. En 2004, il y avait 34 quotidiens totalisant un tirage de 4,69 millions d’exemplaires.