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Présentation |
Adam de la Halle (v. 1240-v. 1288), également appelé Adam le Bossu, trouvère français, auteur d’une œuvre poétique et musicale novatrice dans l’histoire du théâtre profane médiéval, et précurseur de l’ars nova (expression désignant, au xive siècle, des nouvelles techniques de notation et de composition musicales).
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Vie |
Né à Arras, Adam de la Halle est fils du bourgeois maistre Henri le Bossu, dont il tient le surnom du « Bossu d’Arras ». On connaît quelques éléments de sa biographie grâce à certaines de ses œuvres, notamment le Jeu de la feuillée (v. 1276). Il aurait abandonné des études ecclésiastiques pour se marier avec une jeune femme, Marie, vers 1270, puis aurait suivi des études à l’université de Paris, où il aurait obtenu le titre de maistre ès Ars. Ce qui est plus certain est qu’Adam de la Halle aurait vécu principalement à Arras, aurait suivi le comte Robert II d’Artois durant ses voyages en Italie et serait entré à la cour napolitaine de Charles d’Anjou. Il serait aussi, selon certaines sources, mort à Naples (d’autres pensant qu’il aurait vécu au moins jusqu’en 1306, date à laquelle un maistre Adam le Boscu aurait participé à une réunion de ménestrels à Westminster, et serait mort à Arras).
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Œuvre |
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Les jeux-partis |
C’est probablement lors d’un de ces séjours en Italie qu’Adam de la Halle rime vers 1272 un Congé qui, sur le thème lyrique de l’exil et de la séparation, mêle le sarcasme, l’éloge courtois et la reconnaissance. La modernité de cette œuvre réside dans l’apparition, alors nouvelle, de l’allusion autobiographique et du message personnel. Mais ce sont surtout ses « jeux-partis » qui font de lui l’un des talents les plus originaux de son époque. Adam compose ainsi le Jeu de la feuillée, une pièce dramatique où se succèdent scènes satiriques, burlesques et féeriques qui préfigure, par l’intervention de la folie, le genre de la sottie. D’un type différent, le Jeu de Robin et Marion se présente comme la mise en scène d’une pastourelle, où alternent chants et danses, sans accompagnement musical, avec des dialogues parlés. Par l’utilisation de ces procédés alors inédits, le Jeu de Robin et de Marion inaugure l’histoire du futur opéra-comique. En outre, ces « jeux » d’Adam le Bossu constituent les deux premiers exemples de théâtre d’inspiration entièrement profane
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Une œuvre riche et variée |
Auteur de chansons (trente-six sont restées à la postérité), de jeux-partis (dix-huit connus), de rondeaux, de motets, d’un roman, d’un congé (c’est-à-dire un adieu à ses amis), de poésies et de ballades (non conservées), Adam de la Halle a connu une renommée certaine auprès de ses contemporains.
Novateur à la scène, il l’est également dans le domaine des formes musicales. Maître à l’école de musique d’Arras, il a introduit la polyphonie à trois voix dans ses motets et ses rondeaux en langue vulgaire (quatorze rondeaux, un rondeau-virelai et une ballade ont été conservées), ces derniers constituant une partie des chefs-d’œuvre de la musique du xiiie siècle.
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