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L’illusion mise à mal |
Quoiqu’en marge du style romantique, fort apprécié des contemporains, les livres de Jane Austen, rédigés avec un souci du détail et un sens aigu de l’observation, connaissent un grand succès dès leur publication. L’auteur s’y applique à peindre de petits cercles d’individus issus de la bourgeoisie provinciale, mis en scène dans un espace clos (l’Angleterre rurale) ; une véritable comédie de mœurs se construit peu à peu à partir d’événements apparemment anodins de la vie quotidienne de ces personnages. Jane Austen défend l’idée selon laquelle la maturité s’acquiert dès que s’effondrent les illusions — un thème caractéristique de son œuvre. L’illusion mise à mal dans ces récits, c’est l’idéal du mariage, que les personnages, issus de la bourgeoisie provinciale, tiennent généralement pour la finalité première d’une existence corsetée par le mensonge, la fausseté et l’hypocrisie. Le caractère de ces personnages se bonifie pourtant quand, une fois endurées leurs épreuves, ceux-ci prennent conscience de la portée de leurs fautes ou de leurs erreurs. Son intime compréhension du comportement humain — dont le déterminisme social est constamment souligné — et sa finesse pour l’appréhender ont valu à Jane Austen d’être considérée comme l’un des plus remarquables auteurs de romans de son époque.
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