| policier, roman | Format lecture | ||||
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| 5. | Évolution du roman policier |
Au cours du xxe siècle, le roman policier évolua pour perdre peu à peu son manichéisme et son aspect moral ; cette évolution est notamment perceptible dans la caractérisation des personnages : la silhouette lisse du détective intelligent, droit et honnête, est remplacée par des personnages moins recommandables tandis que les « méchants », voleurs ou assassins, viennent occuper le devant de la scène.
| 1. | Revanche des « méchants » |
L’intérêt de certains policiers, notamment en France, se déplaça du détective vers le criminel ; celui-ci volait la vedette et allait parfois jusqu'à le tourner en ridicule. Le Fantômas de Pierre Souvestre et Marcel Allain, apparu en 1911, était un véritable génie du mal, qui effraya la France entière, comme le fit Chéri-Bibi de Gaston Leroux, tandis qu’avec le personnage du Saint de Leslie Charteris, et celui d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc (1905) apparaissait le type nouveau du cambrioleur gentleman et justicier.
| 2. | Romans de privés |
Aux États-Unis, durant les années 1920, naissait un nouveau genre de roman policier. Encouragé par les magazines de l’époque, notamment Black Mask, il mettait en scène des héros (généralement des détectives privés) cognant fort, avec une prose à leur image, efficace et directe. Les auteurs voulaient dans le même temps abattre les barrières entre la fiction policière et d’autres formes populaires comme le thriller et le roman d’espionnage.
Les principaux auteurs de cette « école » sont Erle Stanley Gardner, créateur de Perry Mason, le juriste détective, Dashiell Hammett, père de Nick Charles et de Sam Spade, et Raymond Chandler, dont le détective Philip Marlowe est devenu un personnage classique. Dans ces romans « de privés » durs à cuire, les limiers travaillent pour l’argent et non plus pour le plaisir intellectuel ou la morale, et le meurtre a pour cadre les bas-fonds plutôt que les salons de la bourgeoisie. S’ils respectent encore certaines règles du genre, ces récits mettent l’accent sur l’action, au détriment de l’énigme : plus que par le mystère, l’attention du lecteur est attirée par les péripéties de l’histoire, liées le plus souvent au sexe et à la violence.
| 3. | Romans de procédure |
Par la suite, dans les années 1950, une réaction contre cette « école » — et en général contre les histoires de privés — apparut : le roman de « procédure policière » était né ; il relatait la résolution d’affaires criminelles par d’authentiques policiers.
Comme ses prédécesseurs, le roman de « procédure » obéit aux lois du roman policier, mais le lecteur a affaire non plus à des génies de la déduction mais à des gens ordinaires et faillibles, quoique spécialement entraînés aux enquêtes criminelles. Les représentants les plus connus de ce courant sont John Creasey (caché sous le pseudonyme de J. J. Marric) et ses histoires de Gideon de Scotland Yard, Salvatore Lombino (connu sous les pseudonymes d’Ed McBain et d’Evan Hunter) avec sa série 87e District et Dorothy Uhnak, elle-même policier à New York, auteur d’une série dont l’héroïne, l’agent Christie Opara, réussit à pénétrer dans le bastion masculin de la police criminelle.