assurance
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
assurance
4. Histoire de l’assurance

Le système d’assurance tel que nous le connaissons actuellement est récent. Les mécanismes d’entraide qui existaient dans l’Antiquité entre les individus soumis aux mêmes risques n’étaient pas des assurances au sens strict : la prévoyance n’y jouait aucun rôle et les dédommagements étaient versés après la réalisation du sinistre dans un esprit plus proche de la charité que d’une logique indemnitaire.

Les tontines, inventées au XVIIe siècle par le banquier Lorenzo Tonti, constituent la première tentative d’utilisation de lois de probabilité pour constituer des rentes. Ce système est fondé sur des associations de personnes qui créent un fonds d’investissement par des apports en capitaux d’un montant identique pour chaque cotisant. À la fin de chaque année, les intérêts recueillis sont répartis entre les survivants. La dernière personne en vie perçoit les intérêts cumulés pendant l’année, ainsi que le montant global des fonds investis. Cependant, ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que la science actuarielle permettra l’extension du domaine d’application de l’assurance, jusque-là limité à l’assurance maritime, l’assurance-incendie et l’assurance-vie.

Le développement des techniques d’assurance accompagne le phénomène de l’industrialisation qui accroît le nombre et l’importance des risques liés au travail. Cette évolution motivera, dès la fin du XIXe siècle, la création d’un système d’assurances sociales, embryon de celui qui existe actuellement dans la plupart des pays occidentaux. La Prusse sera le premier pays à instaurer une solidarité interprofessionnelle et à rendre l’assurance sociale obligatoire. Les autres pays d’Europe se rallieront plus ou moins rapidement à cette technique. Le but était alors de contraindre les salariés les plus défavorisés à épargner pour leur retraite ou en prévoyance de la survenance d’un accident lié aux conditions d’exercice de leur profession.

Ce n’est qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale que sera généralisé ce système de solidarité et d’assurance avec la création de la Sécurité sociale, qui obéit tant à des considérations liées à la solidarité entre générations qu’à une logique indemnitaire d’assurance. Les régimes de Sécurité sociale diffèrent du système d’assurance classique sur deux points : la cotisation n’est pas proportionnelle au risque couru par chaque individu, et il n’existe pas toujours de lien entre le volume des prestations et celui des cotisations, ce qui peut amener l’État à devoir combler la différence entre recettes et dépenses.

Le domaine réservé à l’assurance privée dépend donc, dans chaque pays, de l’étendue du système de Sécurité sociale, et s’intègre dans le débat autour du choix du financement des régimes de protection sociale qui oppose partisans de la répartition à ceux qui sont favorables à la capitalisation. L’assurance privée peut, cependant, conserver une certaine utilité pour les risques couverts par la Sécurité sociale en jouant un rôle complémentaire, soit par rapport aux personnes restant en dehors du régime général, soit en accordant des garanties supplémentaires.