| programme, musique à | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 3. | XIXe siècle |
Au début du XIXe siècle, la musique fut considérablement influencée par le mouvement littéraire du romantisme. Le compositeur français Hector Berlioz et le compositeur hongrois Franz Liszt furent les chefs de file du développement de la musique à programme telle qu'elle s'imposa ultérieurement. Ils créèrent des œuvres inspirées de la littérature, de la peinture ou d'autres sujets, comme la Symphonie fantastique de Berlioz (1830), dans laquelle le matériau mélodique récurrent représente la femme qui hante les rêves d'un musicien. Berlioz composa certaines de ses plus belles œuvres à partir de sujets littéraires empruntés à William Shakespeare et à Virgile. Le culte du héros romantique, à la mode à cette époque, inspira des œuvres symphoniques denses et chargées de sentiments, comme la symphonie Harold en Italie de Berlioz (1834), d'après un poème épique de l'écrivain anglais lord Byron. Franz Liszt tira ses symphonies Faust (1857) et Dante (1857) de grandes œuvres littéraires. Dans ces symphonies, ainsi que dans des œuvres comme les Préludes (1854), pour lequel il créa le terme de poème symphonique, Liszt employa le leitmotiv, c'est-à-dire qu'il utilisa des phrases mélodiques spécifiques pour identifier les personnages, les actions ou les symboles, innovation qui fut développée ensuite dans ses opéras par son gendre, le compositeur allemand Richard Wagner dans ses drames musicaux.
Au XIXe siècle, la montée des courants nationalistes se refléta dans des œuvres comme Má vlast (Mon pays, 1874-1879), cycle de poèmes symphoniques décrivant des aspects du pays natal du compositeur tchèque Bedřich Smetana, et Finlandia (1900), poème symphonique passionné chantant les louanges de la Finlande, du compositeur Jean Sibelius.
La musique à programme atteignit probablement sa forme la plus complexe dans les poèmes symphoniques du compositeur allemand Richard Strauss, qui employa toutes les ressources de l'orchestre moderne pour dépeindre les héros romantiques et les événements, comme dans son Don Quichotte (1898), d'après le roman de Miguel de Cervantes Saavedra. Dans cette œuvre, le héros est représenté par un violoncelle solo et son fidèle serviteur, Sancho Pança, par un alto solo, tandis que l'orchestre commente et illustre leurs aventures.