| Thiers, Louis Adolphe | Format lecture | ||||
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| 4. | Vers le ralliement à la République |
À partir de 1840, profitant d’une retraite partielle, l’académicien (1833) travaille à son Histoire du Consulat et de l’Empire (20 volumes, 1840-1862). En 1848 cependant, il apparaît toujours comme l’un des chefs de file du parti de l’Ordre, opposé à la IIe République. Il soutient la candidature de Louis Napoléon à la présidence de la République, mais rompt avec le second Empire dès 1849, avant de s’opposer au coup d’État de 1851. S’ensuit un exil suisse.
De retour en France dès 1852, Thiers ne renoue avec la politique qu’en 1863 — après avoir brigué un siège de député de la Seine. Il saisit alors le flambeau de l’opposition, critique la politique de défense des nationalités de Napoléon III, réclame les « libertés nécessaires » à la démocratisation du régime. Réélu en 1869, il dénonce la germanophobie napoléonienne et s’oppose à l’entrée en guerre contre la Prusse. Au lendemain de la défaite de Sedan, il est chargé par le gouvernement provisoire d’une mission diplomatique auprès de l’Autriche, de l’Italie et de la Russie, mission qui échoue du fait de la signature concomitante de l’armistice. Il est cependant élu « chef du pouvoir exécutif de la République Française » le 17 février 1871 puis, après la promulgation de la loi Rivet qui en définit les compétences, endosse la charge de président de la République (31 août).
Adolphe Thiers, qui a dirigé la répression de la Commune et donc mis fin à la guerre franco-allemande, apparaît alors comme le gardien d’une République bourgeoise et conservatrice. L’unanimité qui le soutient est de circonstance : les républicains intransigeants placent en lui leur espoirs car ils pensent qu’il maintiendra le régime ; pour leur part, les monarchistes attendent de lui une restauration. Pourtant, jusqu’en 1873, Adolphe Thiers use d’un autoritarisme faisant peu cas de la représentation nationale et lui permettant de mener à bien trois tâches qu’il juge urgentes : le paiement de la dette de guerre à l’Allemagne et le retrait des troupes allemandes du territoire, la réforme du service militaire (porté à cinq ans), la relance de l’activité financière française.
Sur la question du régime politique de la France, Adolphe Thiers reste d’abord évasif. Puis, constatant la souplesse du système républicain et l’obstination des monarchistes à refuser toute concession, il se prononce en sa faveur — mais en la définissant comme un régime devant intrinsèquement rester conservateur. Ce ralliement lui vaut un vote de défiance d’une Chambre, qui l’oblige à démissionner le 24 mai 1873. Adolphe Thiers devient alors la principale figure de l’opposition républicaine à Mac-Mahon et à son régime de l’Ordre moral, qu’il combat depuis le Sénat (siège de Belfort), puis de l’Assemblée (siège de Paris). Il meurt quelques semaines avant les législatives de 1877, tournant dans la stabilisation du régime républicain.