Touré, Sékou
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
Touré, Sékou
4. Le « responsable suprême de la Révolution »

Sékou Touré engage son pays sur la voie du socialisme marxiste et reçoit le soutien des pays socialistes (URSS, Chine populaire), qui viennent combler le vide laissé par la France. Il se revendique toutefois d’un « neutralisme positif » envers les grandes puissances et bénéficie, dès le début des années 1960, de l’aide des États-Unis. Il entend réaliser un développement économique « non capitaliste », qui s’inspire fortement du modèle soviétique. Sous sa conduite, la « révolution guinéenne » est censée permettre l’édification d’une société socialiste fondée sur le parti-État.

Son régime de parti unique, après avoir mis au pas les chefferies traditionnelles puis les intellectuels, prend rapidement une forme plus totalitaire et tyrannique, tandis que le pays vit dans une atmosphère de complot permanent. La répression atteint son paroxysme au lendemain d’une tentative avortée de renversement du régime en novembre 1970 par des opposants guinéens et des paramilitaires portugais. La vague d’arrestations et d’exécutions sommaires qui s’ensuit provoque l’exode de près de deux millions de Guinéens et une condamnation internationale.

En proie à des difficultés économiques et dans le souci d’attirer les investissements étrangers pour exploiter les richesses minières du pays, Sékou Touré s’emploie à redorer l’image de la Guinée et entreprend une « offensive » diplomatique à partir du milieu des années 1970, favorisée par le changement de pouvoir politique en France et l’élection de Valéry Giscard d’Estaing. Après s’être rapproché de ses voisins d’Afrique de l’Ouest (la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny et le Sénégal de Senghor), il se réconcilie avec l’ancienne métropole, reçoit la visite du président français en 1978 et effectue son premier voyage officiel en France en 1982. Cette normalisation entraîne une certaine libéralisation économique à l’intérieur du pays et un début de détente, même si toute opposition demeure durement réprimée. Sékou Touré se maintient au pouvoir jusqu’à sa mort subite, le 26 mars 1984, aux États-Unis. Le système qu’il avait édifié s’effondre dès le 3 avril suivant, avec le coup d’État de Lansana Conté.