national-socialisme
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3. La création du Parti national-socialiste

Après l’échec de la révolution communiste à Munich, en mai 1919, de nombreux groupuscules extrémistes et ultranationalistes apparaissent dans la capitale bavaroise. Le Parti ouvrier allemand (DAP) y est créé par le journaliste Karl Harrer et le serrurier Anton Drexler dès janvier 1919 ; il est à l’origine du Parti national-socialiste.

Lorsque Hitler en devient membre en septembre 1919, le Parti ouvrier allemand ne compte que vingt-cinq membres environ, dont six seulement participent aux débats et aux conférences. Hitler, grâce à ses talents d’orateur, devient chef de la propagande dès janvier 1920. Lors de la première grande réunion du parti à Munich, le 24 février 1920, il expose un programme inspiré par les deux premiers intellectuels du parti, le journaliste Dietrich Eckart et l’ingénieur Gottfried Feder. Ce programme, résumé plus tard en vingt-cinq points, associe des revendications nationalistes extrémistes et des idées socialistes mal assimilées à des doctrines racistes et antisémites. L’article 25 proclame : « Pour la société moderne, un colosse aux pieds d’argile, nous créerons un centralisme sans précédent qui donnera tout pouvoir au gouvernement. Nous établirons, au sein de la société, une hiérarchie telle que n’importe quel mouvement de n’importe quel individu sera contrôlé. » Le 8 août 1920, le DAP est rebaptisé Parti national-socialiste allemand des travailleurs (NSDAP). Hitler en prend la tête le 29 juillet 1921, après avoir écarté Drexler. Le drapeau rouge avec un cercle blanc contenant une croix gammée noire est adopté comme emblème cette année-là. Le NSDAP prend peu à peu de l’importance, surtout en Bavière. Convaincu de la nécessité, et même de la vertu, de la violence pour arriver à ses fins, Hitler crée (août 1921) les SA (Sturmabteilungen, « sections d’assaut »), sous couvert d’une association sportive. Ces « chemises brunes » sont censées assurer la protection de ses réunions politiques, mais s’ingénient à perturber celles des adversaires (libéraux, socialistes, communistes et syndicalistes) et à persécuter les Juifs, surtout les commerçants. Elles sont pour une bonne part composées d’anciens combattants, d’officiers mécontents et de membres des corps francs, placés sous l’autorité d’Ernst Röhm. En 1923, l’organe du parti, le Völkischer Beobachter (« l’Observateur raciste »), fondé en décembre 1920, est transformé en quotidien.