| Villiers de l'Isle-Adam, Auguste, comte de | Format lecture | ||||
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| 3. | Une exploration des zones troubles du mystère |
La même année, Villiers de l'Isle-Adam obtient son premier vrai succès littéraire avec la publication de ses Contes cruels, salués par Léon Bloy comme par Huysmans et suivis d'autres recueils (l'Amour suprême, 1886 ; Tribulat Bonhomet, 1887 ; Histoires insolites, 1888 ; Nouveaux Contes cruels, 1888).
Dans ces recueils de nouvelles inquiétantes et fantastiques se mêlent l'éloge lyrique de figures idéales et la satire virulente de la médiocrité des valeurs modernes, bourgeoises et matérialistes. Villiers de l'Isle-Adam y suggère l'existence de relations mystérieuses entre le monde des vivants et l'au-delà, entre le monde matériel et le monde spirituel, avec la volonté d'éveiller chez le lecteur « des impressions intenses, inconnues et sublimes ». Dans la même veine, il publie un roman d'anticipation, l'Ève future (1886), auquel il a travaillé deux années durant et qui confère à la science une dimension fantastique. Il s'agit du récit d'une entreprise démiurgique placée sous le signe de la démesure faustienne. Le personnage principal en est le savant américain Edison, qui ambitionne de parfaire le travail du Créateur en créant un nouvel être vivant.
Les œuvres romanesques de Villiers de l'Isle-Adam, Claire Lenoir, Isis ou l'Ève future sont de véritables sommes regroupant ses idées comme ses fantasmes ; elles se font notamment l'écho de ses tentatives syncrétiques et de sa critique violente du positivisme.
Villiers a donné à la fin de sa vie l'image d'un écrivain engagé au service de la foi chrétienne. Son œuvre d'alors représente une tentative de syncrétisme du christianisme et de la pensée hégélienne.
Voir aussi symbolisme (littérature).