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3. La technique du dessin

Quel que soit le procédé, les principes fondamentaux du dessin sont identiques. Travaillant à partir de n’importe quel objet ou modèle, l’artiste commence par observer et par croquer les principaux traits des formes, des contours et des volumes. Les méthodes de dessin varient considérablement en fonction du procédé. Au cours des siècles, les dessins ont été effectués sur toutes sortes de surfaces : parois des cavernes, poteries, plâtres, papyrus, parchemin, soie, panneaux de bois, pierre et métal (voir estampe), et, plus fréquemment, sur du papier de nuances et de grains différents. Le grain du papier utilisé modifie l’effet produit.

Les outils du dessin sont nombreux. Le crayon (à mine graphite ou à pierre noire) est le plus fréquent. La plume met en évidence les lignes mais suggère également le modelé grâce aux hachures. Le pastel, un crayon fait de pigments broyés mélangés à une pâte de terre blanche, forme un genre à part qui s’affirma au XVIIIe siècle. À cette époque, on employa également la technique dite des trois crayons, qui combine la pierre-noire, la sanguine et la craie. Le fusain ou charbon de bois est largement employé depuis la Renaissance italienne. Avec cette technique, l’artiste doit « peindre » sur le papier et il est quasiment impossible d’obtenir des traits fins. La plupart de ces techniques sont contraignantes et lorsqu’elles laissent la possibilité d’un repentir, il faut souvent réemployer les traces laissées sur le papier. Pour cette raison, le dessin n’est jamais un simple brouillon. Le crayon et le pastel permettent de dessiner aussi bien des traits fins que des ombres aux traits tendres, épais et insistants.

Certains dessins remarquables sont réalisés sur du papier teinté, souvent en gris ou en bleu pâle, avec des rehauts de craie ou d’un pigment appelé blanc de Chine ; les ombres les plus denses et les volumes sont dessinés au crayon et les tons intermédiaires sont représentés par les réserves, c’est-à-dire les espaces où le papier est laissé vierge. Les artistes du Quattrocento, qui ne connaissaient pas encore la mine de plomb, inventée au XVIe siècle, utilisaient parfois une pointe de plomb ou d’argent sur un parchemin ou un papier épais pour obtenir un trait gris pâle ; ils utilisaient plus fréquemment la sanguine qui est une argile ferrugineuse de ton rouge. Avant d’être supplantée par l’actuelle pointe en acier, la plume d’oie servait également à dessiner. Afin de rehausser un dessin, on utilise depuis le XVIe siècle la technique du lavis à l’encre noire, bistre ou sépia.