| Byron, lord | Format lecture | ||||
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| 3. | Un succès immédiat : le Chevalier Harold |
Byron établit sa réputation en publiant, en 1812, les deux premiers chants du Chevalier Harold (Childe Harold), inspirés de son voyage en Méditerranée et en Orient. Sous les traits de Childe Harold, pèlerin solitaire et blasé marqué par une mystérieuse culpabilité, Byron paraît incarner le « mal du siècle ». Avant d’être une projection de l’homme Byron, le héros byronien est le produit d’une rhétorique admirablement maîtrisée. À travers l’Europe entière, le succès est inouï. Grisé par sa soudaine popularité, adulé par ses admiratrices, Byron entame alors une carrière mouvementée de séducteur, tout en se prenant, en 1813, d’amitié ou peut-être d’une passion coupable pour sa demi-sœur Augusta. Il cultive la légende romantique en publiant, la même année, quatre contes orientaux, le Giaour, la Fiancée d’Abydos et, en 1814, le Corsaire et Lara, dont le succès ne suffit pas à redresser sa déplorable situation financière.
Byron se tourne alors vers le mariage, épousant en 1815 une riche héritière, Anna Isabella Milbanke, qui lui donne une fille, Augusta Ada (seul enfant légitime de Byron), mais la quitte aussitôt après, en 1816. Ce scandale, auquel s’ajoute l’accusation d’inceste, le met au ban de l’aristocratie londonienne et le contraint à l’exil (1816). À Genève, où il s’installe, il se lie d’amitié avec les Shelley (Percy Bysshe Shelley et Mary Shelley) et Claire Clairmont (la belle-sœur de Shelley), qui lui donne une fille, Allegra. Il rédige le troisième chant du Chevalier Harold et un poème narratif, le Prisonnier de Chillon (1816).