Meyerhold, Vsevolod
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Meyerhold, Vsevolod
3. Les années d’expérimentation

En 1902, il quitte le Théâtre d’art et cherche à mettre au point une pratique théâtrale plus stylisée. Il est tour à tour metteur en scène au Théâtre-Studio de Stanislavski (1905), au Théâtre dramaturgique Vera Komissarjevskaïa (1906-1907), puis dans les théâtres impériaux (de 1908 à 1917) où il a toute liberté pour créer des spectacles « esthétisants ».

Durant cette période, il mène des recherches dans les domaines plastique et musical et met en scène Maeterlinck, Ibsen, Hamsun, ainsi que des auteurs symbolistes russes. Il expérimente tous les procédés scéniques possibles (suppression du rideau de scène et de la distinction scène-salle, fragmentation de l’espace scénique grâce à l’éclairage en faisceaux, utilisation de praticables dans la dimension verticale du théâtre, montage d’éléments vocaux, rythmiques, gestuels, etc.) et s’inspire de formes théâtrales diverses, aussi bien improvisées que traditionnelles, comme la commedia dell’arte, le théâtre d’Extrême-Orient, le cirque (clowns, acrobatie, jonglage) et le théâtre de foire. De ces années d’expérimentation datent des mises en scène importantes comme le Dom Juan de Molière (1910), Tristan et Isolde de Wagner (1909) ou le Bal masqué de Lermontov (1917). Ses conceptions antiréalistes sont développées dans deux essais : Un théâtre théâtral et Du théâtre (1912).