| Turner, Joseph Mallord William | Format lecture | ||||
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| 2. | Une brillante carrière artistique |
Né à Londres le 23 avril 1775, Joseph Mallord William Turner, fils d’un barbier perruquier de condition modeste, est admis aux écoles de la Royal Academy en décembre 1789. Pendant quatre ans, il y étudie les arts, travaillant en parallèle les techniques de l’aquarelle auprès du peintre Thomas Malton. En 1790 (il a alors quinze ans), Turner expose pour la première fois une aquarelle à l’Académie, le Palais de l’archevêque, Lambeth (Indianapolis Museum of Art), œuvre qui retient particulièrement l’attention des critiques. L’année suivante, afin de s’imprégner directement des atmosphères, des lieux et des lumières de la nature, il commence à voyager en Angleterre et au pays de Galles — puis bientôt en Écosse. En 1794, il participe aux réunions artistiques du docteur Thomas Monro (où il rencontre le peintre Thomas Girtin) qui l’incite à faire des copies et des aquarelles des œuvres de John Robert Cozens et d’autres paysagistes. C’est au cours de cette expérience de « copiste » que Turner s’initie à la subtilité des couleurs.
En 1796, Turner expose pour la première fois l’une de ses peintures à l’huile à l’Académie — Pêcheurs en mer (Tate Britain, Londres). C’est le début d’une longue tradition d’exposition annuelle pour l’artiste à la renommée grandissante. En 1799, Turner, alors âgé de vingt-trois ans, est élu membre associé de la Royal Academy puis, en février 1802, membre à part entière de la prestigieuse institution. Après la paix d'Amiens de 1802 et l’ouverture des frontières, Turner découvre l’Europe, notamment la France, la Suisse, la Hollande, l’Allemagne et l’Italie (à partir de 1819) ; dès lors, il s’imprègne des méthodes picturales de ses homologues européens, des paysages et des lumières nouvelles qui le fascinent — notamment les couleurs des paysages italiens dont la lumière exerce une influence considérable sur son œuvre. En 1804, il aménage une galerie privée à Londres où il présente ses œuvres aux tonalités révolutionnaires.
Très influencé par l’œuvre du peintre français Claude le Lorrain, Turner entreprend en 1807 la vaste tâche de répertorier à son tour sa propre production dans le Liber Studiorum (1807-1819), un recueil de gravures, resté inachevé, qui propose une classification des types de paysages à l’image de celui de l’artiste du xviie siècle. Bientôt il répond à des commandes d’illustration de textes littéraires : illustrations du poème « Italy » de Samuel Rogers (1828), gravures de Picturesque Views in England and Wales de Charles Hearth (1827-1838), vignettes pour une édition des œuvres complètes de lord Byron (1832), dessins pour Landscapes Illustrations of the Bible (1835), etc. En 1840, il rencontre le critique d’art John Ruskin qui lui apporte un soutien inconditionnel depuis 1836 — notamment dans son traité les Peintres modernes (1843-1860). En juillet 1845, après avoir enseigné pendant de nombreuses années la perspective à la Royal Academy de Londres (1811-1828), il assume temporairement la présidence de l’Académie en tant que doyen des académiciens.
En 1846, Turner se retire de la vie publique et s’installe à Chelsea (Londres). Il y meurt le 19 décembre 1851, léguant sa collection et sa fortune à son pays. Il est inhumé quelques jours plus tard en la cathédrale Saint-Paul de Londres, entre les dépouilles des grands portraitistes sir Joshua Reynolds et sir Thomas Lawrence.