Robespierre, Maximilien de
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Robespierre, Maximilien de
3. De l’intransigeance à la logique de la conspiration

Porté à la tête du club des Jacobins en mars 1790 en raison de son intégrité, Robespierre s’impose en adversaire de la monarchie et en partisan des réformes démocratiques. Au sein du club, il tient la tribune des heures entières, faisant déjà régner, selon l’expression de Louvet, un « despotisme d’opinion ». À l’Assemblée, il promeut les libertés politiques (liberté de réunion, de la presse, suffrage universel), prône la gratuité et l’obligation de l’instruction pour la formation des citoyens. Il incarne ainsi la résistance à la modération des Girondins, majoritaires à l’Assemblée, et se plaît à dire que son action se confond avec celle du peuple : « Je ne suis pas le défenseur du peuple, lance-t-il à Brissot, je suis du peuple ».

Bien qu’il sache parfois tempérer son extrémisme, son intransigeance l’emporte sur tout, y compris sur une vie privée très chaste. Cette opiniâtreté à servir la révolution s’exprime en particulier lors de la fuite du roi à Varennes (21 juin 1791) ; l’affaire conforte chez lui l’idée qu’un complot permanent de l’émigration et de la contre-révolution menace la révolution. Aussi exige-t-il la déchéance de la monarchie et devient le très populaire « Incorruptible ».

Sa popularité croît encore lorsqu’il prononce ses discours contre la guerre avec l’Autriche. En effet, il juge qu’avant d’entrer en conflit avec l’étranger, il faut « dompter les ennemis intérieurs » afin d’« armer le peuple » (décembre 1791). La guerre a lieu malgré tout à partir d’avril 1792. Comme il le prophétisait, elle tourne au désavantage de la France. Se portant alors à la tête des pétitionnaires qui réclament des sanctions contre les « coupables » (constitutionnels, monarchistes, modérées, réfractaires, émigrés), il gagne encore en notoriété.

En août 1792, à la chute de la monarchie, Robespierre, rallié à l’idéal républicain, est incontestablement devenu le chef de file de l’opposition de gauche (appelée la Montagne) aux Girondins. Il refuse d’abandonner le moindre acquis révolutionnaire, comme en témoigne son vote en faveur de la mort de Louis XVI (janvier 1793). Il le définit comme un « acte de salut public », car « Louis doit mourir pour que le peuple vive » (3 décembre 1792).

Robespierre entre alors dans une logique conspiratrice permanente. Ce soupçon universel, pivot de sa pensée, postule que la révolution n’est pas acquise, que seule la plus grande vigilance permettra de la préserver.