Lang, Fritz
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Lang, Fritz
2. La période muette (1919-1929) : un cinéaste avant-gardiste
1. Un nouveau langage cinématographique

Après deux mélodrames, le Métis (Halbblut, 1919) et le Maître de l'amour (Der Herr der Liebe, 1919), Fritz Lang réalise Harakiri (1919), d'après Madame Butterfly. La même année, il signe son premier succès, les Araignées (Die Spinnen, 1919-1920), un feuilleton d'aventures en deux parties qui annonce son style à venir : un langage esthétique fondé sur un jeu de prises de vues créant à l'arrière-plan de l'action des motifs géométriques qui ne sont pas sans rappeler certaines peintures abstraites de cette époque, un montage des plans en cadence et un travail sur les éclairages qui offrent des contrastes saisissants. En 1920, il tourne Das Wandernde Bild et Vier um die Frau ou Kampfenden Herzen, avant de s'imposer à la critique avec les Trois Lumières (Der müde Tod, 1921), qu'il écrit avec sa femme Thea von Harbou.

2. Metropolis : une esthétique stupéfiante au service d’une thématique universelle

Devenu l’un des plus importants cinéastes du pays, Fritz Lang signe une fresque de mystère et d'aventures qui a pour décor la décadente République de Weimar, le Docteur Mabuse (Doktor Mabuse der Spieler, 1922), puis réalise un diptyque sur les grandes légendes germaniques, les Nibelungen (Die Nibelungen, 1924). Il tourne ensuite un film de science-fiction humaniste, Metropolis (1926), l’œuvre la plus coûteuse de toute l'histoire du cinéma muet allemand. Soutenue par des effets spéciaux spectaculaires et totalement inédits à l’époque,— ils impressionnent aujourd’hui encore, soixante-quinze ans environ après leur réalisation — la vision à bien des égards prémonitoire d’une ville futuriste coupée en deux parties distinctes selon le rang social de ses habitants tient autant de l’expressionnisme alors en vogue — l’aspect formel du film en témoigne — que d’un discours réaliste sur la morale et la place de l’homme dans la société moderne. Il travaille uniquement avec Thea von Harbou et revient au film de mystère et d'espionnage avec les Espions (Spionen, 1928), dont l'esthétique est très volontairement abstraite, puis explore à nouveau la science-fiction avec la Femme sur la Lune (Die Frau im Mond, 1929).