Freud, Sigmund
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Freud, Sigmund
4. Le développement de la doctrine psychanalytique de 1910 à 1920

L’adhésion à la psychanalyse de Jung, suisse et protestant, constitue d’abord pour Freud un important enjeu, celui de pouvoir sortir la psychanalyse de son cadre viennois et juif. Il lui confie la direction de l’International Psychoanalytical Association (IPA), qu’il crée en 1910. Au fur et à mesure que le mouvement prend de l’ampleur, gagnant de nouveaux adhérents à travers l’Europe et les États-Unis, Freud doit se soucier du maintien de l’unité doctrinale et faire face aux dissensions et aux déviations. Dès 1911, Adler quitte l’école psychanalytique orthodoxe, suivi par Jung en 1913 — chacun de leur côté, les deux hommes élaborent de nouveaux fondements théoriques, en désaccord avec la place fondamentale donnée par Freud à la sexualité dans l’origine de la névrose. Une deuxième vague d’exclusions intervient après la Première Guerre mondiale, avec le départ de Rank en 1924 puis de Ferenczi en 1929.

Entre 1910 et 1920, Freud poursuit la recherche théorique au travers de sa pratique ; il fait paraître les Cinq Leçons sur la psychanalyse (1909), un texte connu sous le titre « le Président Schreber » (1911), Totem et Tabou (1912), dans lequel Freud tente une recherche anthropologique sur les origines de l’humanité, l’Introduction à la psychanalyse (1916-1917) et Deuil et Mélancolie (1917). C’est au cours de cette période qu’il définit la spécificité du comportement de l’analyste face au patient, à savoir la règle fondamentale selon laquelle la demande du patient, qui s’exerce au travers du transfert, ne doit pas recevoir de réponse de l’analyste, pour que l’analysant puisse opérer une « régression » vers son passé et trouver les affects à l’origine du symptôme.