Roosevelt, Franklin Delano
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Roosevelt, Franklin Delano
2. Le New Deal

La promesse de Roosevelt d'une « nouvelle donne pour le peuple américain », le New Deal, annonça une extension importante du pouvoir fédéral dans la vie économique et sociale. Les trois premiers mois de sa présidence, appelés les cent jours, furent marqués par une série de mesures d'urgence. Devant le chômage massif (25 p. 100 de la main-d'œuvre), l'effondrement des cours de la Bourse, la fermeture de milliers de banques et la chute des prix agricoles en dessous des coûts de production, le Congrès, à la demande de Roosevelt, vota une série de textes destinés à permettre l'octroi de liquidités aux institutions bancaires et une assistance aux chômeurs. L'abandon de l'étalon-or, en 1933, entraîna la dévaluation du dollar sur les marchés internationaux.

Outre les mesures d'assistance, comme la création du Works Progress Administration (administration de développement du travail) sous la direction de Harry Hopkins, le New Deal entreprit d'apporter des solutions de longue portée aux problèmes issus de la Première Guerre mondiale. La crise agricole, résultat de la surproduction, avait commencé en 1921 et avait entraîné l'émigration de millions d'individus vers les villes au cours des années 1920 ; Roosevelt y vit la cause principale de l'effondrement économique de la fin des années 1920. Il y répondit par un vaste programme de relance de l'agriculture, qui introduisit le contrôle sur la production de certains produits de base afin de créer un équilibre entre l'offre et la demande, et favorisa la reforestation. La Tennessee Valley Authority, créée en 1933, engagea un vaste plan couvrant la construction de barrages hydroélectriques, la gestion des eaux, l'amélioration des techniques agricoles et de la navigation fluviale ainsi que la construction d'hôpitaux et d'écoles. De nouvelles industries attirées par la baisse du coût de l'électricité et de la main-d'œuvre contribuèrent à la diversification de l'économie du Sud et permirent le redémarrage économique de cette partie du territoire.

Bien que Roosevelt n'eut jamais entretenu de relations étroites avec les syndicats, de nombreuses mesures du New Deal lui aliénèrent le soutien des milieux économiques. En revanche, sa politique sociale lui fit gagner l'appui des Noirs et des autres minorités, ainsi que celui des mouvements ouvriers, qui vinrent grossir les rangs du parti démocrate. La loi de relance de l'industrie (National Industrial Recovery Act ou NIRA, 1933) permit la stabilisation industrielle par le maintien des prix. La section 7a de cette loi favorisant la formation de syndicats, puis l'édiction de règles strictes concernant l'émission des valeurs en Bourse suscitèrent une nouvelle fois l'opposition du monde des affaires. En 1935 et 1936, la Cour suprême des États-Unis, alors dominée par les conservateurs, attaqua les mesures clés du New Deal en déclarant que les dispositions du NIRA et de la loi d'ajustement agricole étaient contraires à la Constitution.

Après sa réélection triomphale à l'élection présidentielle de 1936, Roosevelt tenta de neutraliser la Cour en proposant la nomination de nouveaux juges, mais le Congrès s'opposa à cette tentative en 1937. Au cours des années suivantes, une coalition de conservateurs républicains et démocrates du Congrès, craignant la hausse des dépenses fédérales et cherchant à restreindre l'extension du pouvoir fédéral dans des domaines réservés par tradition aux États fédérés, cherchèrent à entraver la dynamique du New Deal. L'imminence de la guerre en Europe et l'engagement américain dans celle-ci suscitèrent un consensus qui permit à Roosevelt d'être réélu en 1940 et en 1944.