Simenon, Georges
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Simenon, Georges
2. Débuts littéraires

Né le 13 février 1903 à Liège, ville qui sert de cadre à certains de ses récits, Georges Simenon est profondément marqué par la personnalité et les occupations de son père, qui est courtier en assurances ; nombre de ses romans et de ses textes autobiographiques y font référence, comme Je me souviens (1945) ou Pedigree (1948).

À quinze ans, il abandonne ses études et, en janvier 1919, il entre comme journaliste à la Gazette de Liège. Son premier livre, Au pont des Arches, paraît au début de 1921 ; il est signé Georges Sim et porte le sous-titre de « Petit Roman humoristique de mœurs liégeoises. »

En 1922, à la manière du personnage balzacien Rastignac, Simenon part plein d’ambition pour Paris. Il y devient le secrétaire de divers écrivains notamment de Binet-Valmer et du marquis de Tracy, et se consacre également à des reportages à l’étranger, en particulier en Afrique. C’est grâce à Colette qu’il publie le conte la Petite Idole dans le Matin, en 1923 ; cette publication marque le début d’une longue et fructueuse collaboration avec ce journal.

Lucide, il décide de s’exercer à l’écriture pour acquérir le métier d’écrivain : entre l’été 1924 et 1931, il publie ainsi quelque cent quatre-vingt-dix romans populaires sous dix-sept pseudonymes différents (Christian Brulls, Luc Dorsan, Jean du Perry, etc.). Dans ces ouvrages, qui relèvent essentiellement du roman léger, du roman sentimental et du récit d’aventures, il traite de thèmes récurrents, tels que le mythe du bon sauvage, la communion avec la nature, les amours contrariées, ou encore l’adultère, le suicide, etc. Dans cette masse d’histoires disparates, qui a le double avantage de lui permettre de gagner sa vie tout en s’exerçant à l’écriture, se trouve la genèse de l’œuvre à venir.