Simenon, Georges
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Simenon, Georges
4. Diversification de l’œuvre : le « roman dur »

En 1935, Georges Simenon entre dans la prestigieuse maison Gallimard et, à cette occasion, abandonne pour un temps la littérature policière : c’est en 1937 qu’il publie le récit qu’il considère comme son « premier roman », le Testament Donnadieu, une chronique familiale qui fait dire à André Gide que Simenon est « le plus grand romancier de tous, le plus vraiment romancier que nous ayons en littérature française aujourd’hui ». Parmi les « romans durs » de Simenon, selon sa propre expression, on peut citer les Fiançailles de M. Hire (1934), le Bourgmestre de Furnes (1939), la Veuve Couderc (1942), le Bateau d’Émile (1954), les Inconnus dans la maison (1940), l’Aîné des Ferchaux (1945), Lettre à mon juge (1947), La neige était sale (1948) et les Anneaux de Bicêtre (1963).

Au lendemain de la guerre, accusé d’avoir collaboré avec l’ennemi, Simenon préfère l’exil aux États-Unis et l’internationalisation à la consécration littéraire parisienne. Pendant cet exil, il reprend la série des Maigret ; dès lors, sa production alterne régulièrement entre « roman dur » et Maigret.

En 1957, il s’installe définitivement en Suisse romande où il continue son œuvre prolixe jusqu’en 1972, date à laquelle, après un dernier Maigret, il décide de cesser d’écrire. Dès lors, il ne s’exprime plus par le livre mais au moyen d’un magnétophone, ce qui donne lieu à ses Dictées puis à ses monumentales Mémoires intimes (1980), la dernière œuvre publiée de son vivant.

Le succès international de Simenon s’explique sans doute par son choix d’une langue directe et concrète (qui, d’un point de vue purement pragmatique, a l’avantage de rendre plus aisée la traduction, donc la commercialisation à une échelle internationale) mais aussi par la rigueur et la cohérence de ses intrigues et par le caractère universel de ses personnages qui, dotés d’une psychologie simple, voire schématique, parviennent à atteindre la dimension d’archétype.