science-fiction, littérature de
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5. La littérature de science-fiction anglaise
1. Précurseurs

L’Angleterre victorienne, où ont été écrits les chefs-d’œuvre du roman gothique (Ann Radcliffe, Horace Walpole), fournit nombre de ses grands thèmes au fantastique et à la science-fiction. Les histoires d’espèces éteintes et de mondes inexplorés y sont déjà fort populaires, ainsi qu’en témoignent les ouvrages d’Henry Rider Haggard (She) parus dans les années 1880. Le Monde perdu, de sir Arthur Conan Doyle, est publié en 1912.

2. Grands auteurs classiques

Le premier écrivain majeur de science-fiction britannique, qui est également considéré comme l’un des pères de la science-fiction moderne, est H. G. Wells. Plus intéressé par la biologie et l’évolution des espèces que par les sciences physiques, et plus concerné par les conséquences sociales des inventions que par leurs applications technologiques, Wells écrit des histoires de science-fiction où dominent le réalisme et un pessimisme ironique. Sa réputation est acquise dès 1895 avec la publication de la Machine à explorer le temps, bientôt suivie de l’Île du docteur Moreau (1896), l’Homme invisible (1897), la Guerre des mondes (1898) et les Premiers Hommes dans la Lune (1901).

D’autres ouvrages d’anticipation, par leur dimension prophétique dans le domaine social ou politique, sont aujourd’hui considérés comme des classiques et connaissent un succès international, comme le Meilleur des mondes (1932), d’Aldous Huxley, et 1984 (1949), de George Orwell.

3. Nouvelle vague

C’est à partir du milieu des années soixante qu’apparaît la « nouvelle vague » de la science-fiction, montrant un intérêt nouveau pour les valeurs et les sciences humaines, mais aussi pour l’expérimentation stylistique. Se réclamant de la « fiction spéculative », ce courant se caractérise par une attitude extrêmement critique face à la science, et par des engagements politiques et moraux qui reflètent bien les débats d’idées dominant cette époque. Les écrivains britanniques les plus remarquables de cette génération sont Christopher Priest (le Monde inverti, 1974), John Brunner (Tous à Zanzibar, 1968) et Ian Watson, auteur d’un remarquable roman sur le langage, l’Enchâssement (1973).