| Dumas fils, Alexandre | Format lecture | ||||
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| 4. | Un théâtre réaliste à thèse |
Contraint, comme son père, de rendre des comptes aux créanciers, Dumas écrit entre-temps une dizaine de romans, dont le Docteur Servans (1849), Césarine (1849), Diane de Lys (1851), adapté également avec succès à la scène (1853), le Régent Mustel (1852) et Sophie Printemps (1854). Il se tourne ensuite définitivement vers l’écriture théâtrale (il ne revient qu’une seule fois au roman, en 1866, avec l'Affaire Clemenceau). Moraliste visionnaire, il fait jouer successivement le Demi-Monde (1855), la Question d'argent (1857), le Fils naturel (1858), Un père prodigue (1859), se montrant particulièrement attentif aux problèmes sociaux (problèmes de la condition féminine, drames familiaux, prostitution, adultère, divorce). Victime d’une maladie due à l’excès de travail, il ne reprend la plume qu’en 1864 pour l’Ami des femmes. Il se dégage alors de l'influence d'Eugène Scribe pour inventer une sorte de théâtre à thèse inspiré de Diderot qui contribue, par la vigueur de ses plaidoyers et le réalisme de ses peintures, à établir sa réputation d'auteur à scandales (les Idées de Madame Aubray, 1867 ; la Princesse Georges, 1871 ; Monsieur Alphonse, 1873 ; Denise, 1885 ; Francillon, 1887). Comme beaucoup d'auteurs dramatiques du XIXe siècle, il travaille également en collaboration avec d’autres écrivains, notamment George Sand (le Marquis de Villemer, 1864), Émile de Girardin (le Supplice d'une femme, 1865), Pierre Corvin (Les Danicheff, 1876) et Armand Durantin (Héloïse Paranquet, 1866).
Cet observateur exceptionnel de la société parisienne a aussi été un grand mondain ; la première phrase de la préface qu'il a donnée à la Dame aux camélias aurait pu constituer sa devise : « Mon avis est qu'on ne peut créer des personnages que lorsque l'on a beaucoup étudié les hommes, comme on ne peut parler une langue qu'à condition de l'avoir sérieusement apprise. » La plupart de ses brochures d’actualité, notamment sur le divorce ou la recherche de la paternité sont réunies dans deux ouvrages : Entr’actes (1877-1879) et Nouveaux Entr’actes (1887). Il est élu à l’Académie française en 1874.